EDITO

Le retour des vieux démons

Après la seconde guerre mondiale, le monde libre avait promis et déclaré une guerre sans merci au fascisme et au nazisme. L’ Europe était aux premiers rangs pour poursuivre les derniers nazis qui avaient fui en Asie et surtout en Amérique Latine. Tous étaient capturés, jugés et condamnés. L’extrême droite n’avait et ne devait plus avoir la plus petite place dans ce nouveau monde qui renaissait après une longue et dramatique guerre. C’était la conviction majeure.
C’était le serment. Un serment qui a depuis fondu comme neige au soleil. Car aujourd’hui cette même Europe est infestée par les mouvements fascistes et néonazis. L’extrême droite est plus forte que jamais. Elle est déjà au pouvoir dans plusieurs pays européens, alors que dans les pays du Vieux continent elle est aux portes du pouvoir.
Le racisme s’affiche sans aucun complexe, et sa cible a changé de visage et de race. Désormais ce n’est plus le juif qui est persécuté mais l’Arabe, l’Africain et le musulman. Car ces partis de l’extrême droite ont la haine dans leurs gênes, et ne peuvent se passer de cette haine qui est leur carburant.
Ce samedi à Lyon, en France, les néonazis et les fascistes ont manifesté sous la protection des forces de l’ordre. Non seulement on les tolère, mais on les protège au nom de la compassion et de la liberté d’expression. Il fallait suivre la couverture sur CNews de cet événement et les échanges extrémistes du plateau pour se rendre compte, pour ceux qui n’ont pas encore compris, que c’était là un grand moment d’euphorie. La victoire de la fachosphère qui se savait avoir atteint ses objectifs. Tous ses objectifs.
Aux portes du pouvoir les racistes n’ont plus aucun complexe à dérouler leurs idées nauséabondes. Ils dominent la scène politique et médiatique, et c’est sans aucune gêne, ni aucune crainte qu’ils affichent leur haine et leur xénophobie.
Le monde est entré dans une nouvelle ère, et le retour aux tristes années 20 et 30 du siècle dernier meublent et dominent désormais les débats dans cette Europe qui renoue, dans l’insouciance, avec les pires moments de son histoire. La banalisation du racisme, la doctrine suprématiste de la race blanche, la haine de l’étranger, sont désormais les modèles d’une nouvelle politique qui n’annonce rien de bon et qui augure d’un retour,qui semble irréversible, de la peste brune qui ne peut finir que dans le fureur et le sang. Mais à ce stade, tout le monde semble s’accommoder de cette montée inexorable d’une extrême droite revancharde et annonciatrice du pire.
Par Abdelmadjid Blidi

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