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Soirées Ramadhanesques d’El Bahia : les espaces publics en fête

À Oran, ville méditerranéenne au charme séculaire, le mois sacré du Ramadhan a pris, cette année, des allures inédites. Dès les premières soirées de ce mois sacré, les rues, places et parcs de la capitale de l’Ouest algérien se sont transformés en véritables carrefours de vie collective, où sport, culture et apprentissage se conjuguent pour créer une dynamique exceptionnelle.

Sous l’impulsion des directives ministérielles, coordonnée par les services de la Jeunesse et des Sports, et suivie de près par le wali, Brahim Ouchene, la ville semble vibrer d’une énergie nouvelle, révélant l’inventivité et l’engagement des associations, clubs et institutions jeunesses locales.
Le cœur de cette effervescence bat au Jardin de la Liberté, vaste espace public situé au centre-ville, qui s’est imposé comme le principal théâtre des festivités. Dès la tombée de la nuit, familles et adolescents s’y retrouvent autour de stands et d’ateliers thématiques. Chaque coin du parc propose une expérience différente : démonstrations sportives, ateliers scientifiques et récréatifs se succèdent dans un mélange harmonieux, tandis que les visiteurs profitent d’un cadre convivial pour se rencontrer et échanger. Les organisateurs, conscients de la diversité des publics, ont conçu un programme inclusif, où petits et grands peuvent trouver une activité adaptée à leurs attentes, alliant plaisir, apprentissage et engagement physique.

Les arts martiaux au centre de l’attention

Parmi les disciplines les plus prisées, les sports de combat attirent chaque soir un public nombreux. Les démonstrations de Kempo, orchestrées par les champions locaux, captivent par leur intensité et la maîtrise technique des gestes. Le Taekwondo, animé par l’école de l’instructeur Amar Khadim, séduit par la précision et la rigueur de ses enchaînements, tandis que la boxe, le judo, le karaté et le kickboxing offrent, chacun à leur manière, un spectacle empreint de discipline et d’émotion. À cela s’ajoutent des sports plus ludiques, comme les compétitions de bâton, organisées sur la place du 1er Novembre à Ain Turck, qui permettent aux jeunes participants de développer un esprit de camaraderie et de rivalité saine, favorisant la cohésion sociale tout en s’amusant. L’animation pour tous les âges est identique au festival de curiosité et de créativité.

Les prouesses physiques aussi

Mais le Ramadhan à Oran ne se limite pas aux prouesses physiques. Les enfants bénéficient eux aussi d’une attention particulière, avec des clowns, des animateurs et des ateliers interactifs qui insufflent joie et émerveillement dans les quartiers. La dimension éducative est fortement valorisée : à la Maison de la Jeunesse «Raed Zaghloul», les ateliers de robotique et d’innovation scientifique, proposés par l’association Al Khwarizmi, permettent aux jeunes de se familiariser avec la programmation, la mécanique et la pensée logique. Chaque session se transforme en un véritable laboratoire de créativité où apprendre rime avec expérimenter et s’amuser. Les adolescents, eux, sont encouragés à valoriser leurs talents grâce à des concours départementaux diversifiés. Les tournois de jeux vidéo rassemblent des participants venus de toute la wilaya, tandis que le tournoi de chess rapide, baptisé «Échecs des nuits de Ramadhan 2026», stimule réflexion et stratégie, offrant un cadre de compétition intellectuelle tout en renforçant la convivialité entre les jeunes amateurs d’échecs.
L’innovation ne s’arrête pas là. Une initiative originale, baptisée «Tourisme cycliste», propose chaque semaine des sorties à vélo au départ du Centre d’hébergement de la jeunesse «100 lits» de Belgaïd, à l’est de la ville d’Oran. Ces promenades combinent activité physique, découverte du patrimoine local et sensibilisation à un mode de vie sain, même durant le Ramadhan. Les participants, jeunes et familles confondues, explorent les ruelles et les sites historiques d’Oran, renforçant le lien intergénérationnel tout en profitant de moments de partage et de convivialité.

La dimension spirituelle au cœur de l’action

Fidèles à l’esprit du mois sacré, les activités intègrent également une forte dimension religieuse et éducative. Dans différents quartiers, tels que le complexe de proximité Frères Jellat à Bouamama, des sessions spirituelles sont organisées pour les jeunes, axées sur la transmission des valeurs islamiques et de l’éthique prophétique. Les concours de mémorisation du Coran, ouverts à toutes les tranches d’âge, se déroulent dans des lieux comme le Centre de loisirs scientifiques du quartier Seddikia et le Centre culturel de Bousfer, avec des cérémonies de remise de prix qui célèbrent les efforts et la réussite des participants. Cette démarche contribue à renforcer le lien entre apprentissage, spiritualité et cohésion communautaire.

Une mobilisation qui transforme la ville

Au-delà du simple aspect festif, cette mobilisation traduit une stratégie volontariste : faire de la jeunesse oranaise un acteur dynamique et responsable, éveillé aux valeurs du sport, de la culture et de la citoyenneté. Les familles répondent en masse à l’appel, séduites par la variété et la qualité des activités, tandis que les jeunes trouvent dans ces espaces un terrain d’expression, d’émulation et d’apprentissage. Les habitants saluent unanimement cette initiative qui conjugue loisirs, éducation et valeurs collectives dans un cadre sécurisé et accueillant. À travers les sourires des enfants, l’enthousiasme des sportifs et l’implication des encadrants, Oran se métamorphose chaque soir. Les rues et places deviennent de véritables carrefours d’échange et de découverte, où l’esprit de compétition, la créativité, la curiosité scientifique et la spiritualité cohabitent harmonieusement. Dans la capitale de l’Ouest algérien, le Ramadhan 2026 s’affirme ainsi comme une période de partage et d’éveil, où chaque citoyen, qu’il soit jeune ou moins jeune, trouve sa place dans le foisonnement culturel et sportif de la ville.

Yacine Redjami

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