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Le Président Tebboune face à la presse nationale : «Le développement en Algérie est irréversible»

La prochaine étape repose sur l’instauration d’«une véritable transformation économique» fondée sur la valorisation des ressources nationales hors hydrocarbures, notamment à travers le développement des industries de transformation, l’augmentation de la valeur ajoutée et la création d’emplois.

Lors de l’entretien qu’il a accordé, ce samedi à la presse nationale, le président de la République n’a éludé aucun sujet. Convaincu de la justesse des décisions prises aux plans social et économique, il a argumenté l’action de l’Etat et expliqué le pourquoi du comment de chaque pas fait par l’Algérie. «Le développement en Algérie est irréversible», a-t-il affirmé. En outre, le chef de l’Etat a abordé frontalement des questions d’ordre internationale, à l’image des causes palestinienne et Sahraouie, expliqué la nature des relations entretenues avec les Etats-Unis d’Amérique et défendu le principe de la liberté d’expression, celle qui rassemble le peuple, pas celle qui le divise. Sur tous les sujets, Abdelmadjid Tebboune a fait montre de clairvoyance, de franchise et d’un sens remarquable de pédagogie.

Sur la visite du Pape Léon XIV

Le président de la République a affirmé que la visite du Pape Léon XIV conforte l’Algérie dans sa position naturelle d’intermédiaire fiable. Il a indiqué que la visite effectuée par le Souverain Pontife «place l’Algérie dans sa position naturelle», celle d’»intermédiaire honnête qu’elle a toujours été», mettant en exergue son rôle dans le dialogue entre les religions et le rapprochement des peuples.

Le président de la République a, par ailleurs, exprimé, au nom du peuple et de l’Etat algériens, ses remerciements au Pape pour avoir accepté l’invitation de visiter l’Algérie, relevant que cette visite «a permis de lever beaucoup d’équivoques» et de «replacer l’Algérie dans sa véritable sphère naturelle». Le Pape a également qualifié l’Algérie de pays méditerranéen «ouvert à toutes les cultures et à toutes les religions» et qu’il s’agit d’un pays «qui n’a jamais persécuté les autres religions», rappelle le président de la République. Enfin, le président de la République a relevé que sa rencontre préalable avec le Pape au Vatican avait constitué «le point de départ de cette dynamique», ajoutant que cette initiative «n’a pas plu à tout le monde».

Sur le processus électoral

Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a assuré que toutes les conditions sont réunies pour garantir l’intégrité du processus électoral, soulignant que la création de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) s’inscrit dans la politique de l’Etat visant à éviter toute suspicion susceptible d’entacher l’intégrité de ce processus. Le président de la République a déclaré que «la réponse à toute préoccupation concernant un éventuel chevauchement entre les prérogatives de l’administration et celles de l’ANIE ne peut être que d’ordre juridique», et ce dans le cadre de la politique de l’Etat visant à «éviter toute suspicion pouvant entacher l’intégrité du processus électoral». Le président de la République a indiqué qu’il convient de tenir compte des aspects positifs réalisés dans le processus électoral en Algérie, mettant en avant que, depuis son élection à la magistrature suprême du pays, «le terme de fraude électorale n’a plus cours et ne figure plus dans le vocabulaire politique des Algériens».

«L’Etat poursuit ses efforts pour encadrer le processus électoral, comme en témoignent la loi relative au régime électoral et la Constitution, quand bien même certaines lacunes existent», a-t-il soutenu. Le président de la République a, par ailleurs, indiqué avoir soumis des propositions au président de l’ANIE portant sur «le recours, sur le plan matériel, aux institutions existantes telles que la commune ou la wilaya pour l’organisation des élections», relevant que cela «se limite à l’aspect matériel et non juridique, sans porter atteinte à l’essence même des élections».

Sur la liberté d’expression

Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a réaffirmé que la liberté d’expression était garantie en Algérie, à condition de respecter les lois de la République, les composantes de l’identité nationale et les traditions de la société. Il a souligné que «la liberté d’expression est garantie dans notre pays, à condition que les idées exprimées soient celles de leurs auteurs et non pas des idées dictées par des parties, dont le but est de semer la zizanie, porter atteinte ou créer une scission parmi les composantes de la société». Dans le même sillage, le président de la République a rappelé avoir juré devant le peuple algérien, lors de sa prestation du serment constitutionnel, d’être «l’adversaire de quiconque oserait porter atteinte à l’unité nationale ou à l’une des composantes de l’identité nationale, protégées par la Constitution et les lois de la République». Il a assuré que l’intervention de la justice algérienne dans les questions liées à l’expression d’opinion demeure «rare», précisant que «tout contrevenant aux principes statués par la Constitution, la loi algérienne, et les traditions de la société, en paiera le prix, car la justice est libre et elle a pour mission d’interdire l’injure et la diffamation».

Sur les méga projets

Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a mis en avant l’avancement que connait le projet de phosphate intégré dans l’est du pays, précisant que l’usine de production d’acide phosphorique dans le cadre de ce projet sera mise en service vers la fin de 2026 ou au début de 2027. Lors de son entrevue périodique avec des représentants de la presse nationale, diffusée samedi soir sur les chaînes de Télévision et de Radio nationales, le président de la République a précisé que «les travaux sont en cours au niveau du projet de phosphate intégré de Bled El Hadba, où sera mise en service l’usine d’acide phosphorique fin de 2026 ou début de 2027», dans le cadre d’un projet intégré pour «l’exploitation du phosphate à toutes ses étapes». Il a souligné l’impact économique de ce projet structurant, notamment en matière de création de dizaines de milliers d’emplois, indiquant que l’Algérie regorge d’autres mines «innombrables» qui seront exploitées à l’avenir, d’où «la création d’un ministère spécialisé, regroupant des compétences et des experts pour la gestion de ces ressources».

Le président de la République a ajouté que les projets miniers ainsi que les lignes ferroviaires vers le Sud s’inscrivent dans une «vision nationale», affirmant que ces projets «ne sont pas le fruit du hasard», mais figuraient parmi ses engagements durant la campagne électorale.

Sur les exportations hors hydrocarbures

Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a indiqué que la compétitivité démontrée par plusieurs secteurs industriels nationaux ces dernières années a contribué à donner une forte impulsion aux exportations algériennes hors hydrocarbures. Lors de cette entrevue périodique avec des représentants des médias nationaux, le président de la République a souligné que la progression des exportations reflète le développement de la production nationale par rapport au passé, soulignant que l’Algérie est aujourd’hui plus concurrentielle que certains pays européens dans des domaines comme l’électroménager. «Alors que l’Algérie importait du rond à béton il y a quelques années, elle en est aujourd’hui exportatrice», a-t-il rappelé, relevant l’orientation vers le développement de nouvelles unités industrielles. Il a, dans ce contexte, ajouté que l’usine Fiat Algérie atteindra un taux d’intégration de 40% avec une orientation vers l’exportation. Le président de la République a également salué les avancées réalisées dans l’industrie automobile, notamment après l’inauguration d’une usine d’emboutissage dans la wilaya de Batna qui permettra de fabriquer les coques des voitures et des cabines de camions, ainsi que les progrès enregistrés dans la fabrication de diverses pièces détachées automobiles, soulignant que «le secteur privé honnête est en train de faire des pas de géants».

Sur les signaux de développement

Le président de la République a souligné l’importance des indicateurs de développement positifs enregistrés par l’économie nationale, d’où la nécessité de poursuivre cette dynamique à travers la diversification de l’économie et le renforcement des exportations hors hydrocarbures. Il a précisé que la prochaine étape repose sur l’instauration d’«une véritable transformation économique» fondée sur la valorisation des ressources nationales hors hydrocarbures, notamment à travers le développement des industries de transformation, l’augmentation de la valeur ajoutée et la création d’emplois. Rappelant que la diversification de l’économie «est devenue aujourd’hui une réalité», après avoir été «pendant des décennies un simple slogan», le président de la République a souligné que la compétitivité de plusieurs secteurs industriels a permis de donner un élan fort aux exportations hors hydrocarbures.

L’Algérie ambitionne d’atteindre entre 8 et 9 milliards de dollars d’exportations par an hors hydrocarbures, alors que plusieurs filières industrielles, telles que les équipements électroménagers, la sidérurgie et l’industrie agroalimentaire, connaissent une demande croissante sur les marchés extérieurs, après que le pays en importait une grande partie, a relevé le président de la République. Il a salué l’objectif fixé par le Conseil du renouveau économique algérien (CREA) d’atteindre près de 30 milliards USD d’exportations hors hydrocarbures à l’horizon 2030, estimant que ces objectifs permettront de placer les équilibres financiers de l’Etat dans une situation «confortable».

Sur les questions internationales

Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a déploré la situation qui prévaut au Mali, invitant les autorités de ce pays à dialoguer avec leur peuple, tout en insistant sur les liens de fraternité existant entre l’Algérie et le Mali. «Nous sommes désolés de ce qui se passe au Mali. Ce n’était pas (une) prophétie, mais on savait que les choses allaient se gâter parce que le Mali est entré dans une phase qui ne pouvait mener qu’à la déstabilisation», a déclaré le président de la République. «La voie de la raison, c’est (..) de discuter avec son peuple, d’essayer, même si la prise de pouvoir n’est pas constitutionnelle (on pourra) la constitutionnaliser», a-t-il assuré. Le président de la République a rappelé, en outre, que «l’Algérie ne s’est jamais immiscée et ne s’immiscera jamais dans les affaires intérieures du Mali ou d’autres pays». Il a déploré, à ce propos, le fait que «certains éléments qui ont failli au niveau national» cherchent à trouver un coupable, notamment en proférant des accusations contre l’Algérie. «L’Algérie a toujours été (un pays) frère (pour le) Mali», a-t-il martelé. Les accords d’Alger (de 2015 NDLR) sont un fait malien, pas un fait algérien», a signalé, par ailleurs, le président de la République. «Certains veulent faire passer cela pour une immixtion de l’Algérie dans les affaires intérieures du Mali. Non. Les accords (ont fait) suite à ce qui s’est passé avant (..). Chaque fois qu’il y a un changement de direction au Mali, il y a une tentative de régler le problème par la force. La force ne règle pas les problèmes», a-t-il dit. Lorsque l’Algérie siégeait au Conseil de sécurité (2024-2025), «nous discutions pendant dix, quinze jours la virgule et le mot pour les résolutions» relatives à la Palestine, avec les Américains, a-t-il souligné. «Il y a un respect profond de la part des Etats unis envers l’Algérie et cela n’a pas changé», a-t-il ajouté, attirant l’attention sur le fait que la constance de l’Algérie en ce qui concerne la défense de la Palestine lui a valu le respect des Etats-Unis, entre autres pays.» Pour le Sahara occidental, il y a une résolution de l’ONU qui est en train de faire son chemin et sans accrocs entre nous (Algérie et Etats-Unis) et ils savent quelles sont nos idées», a-t-il souligné.

Anissa Mesdouf

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