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Tabagisme : l’Algérie renforce son dispositif de prévention et de sensibilisation

Le ministère de la Santé poursuit la mise en œuvre de la stratégie nationale multisectorielle de lutte contre le tabagisme qui s’articule autour de plusieurs axes.

C’est ce qu’a affirmé hier depuis Sétif le directeur général de la prévention et de la promotion de la santé au ministère de la Santé, Djamel Fourar, s’exprimant à l’occasion de l’ouverture d’une journée d’étude organisée dans le cadre de la Journée mondiale sans tabac, tenue au Musée public national de la ville. Cette journée d’études a été marquée par la participation de la commission d’experts chargée de la lutte antitabac ainsi que de nombreux professionnels de la santé. Dans son intervention, Dr Fourar a détaillé les principales composantes de cette feuille de route nationale qui inclut notamment le renforcement du dispositif législatif et réglementaire, à travers l’appui aux textes interdisant le tabagisme dans les espaces publics, ainsi que le durcissement des mesures relatives à la signalisation sanitaire sur les paquets de cigarettes.
La stratégie prévoit également l’interdiction de la vente des produits du tabac aux mineurs, un contrôle accru de la publicité et des formes de promotion indirecte du tabac, ainsi que la mise en place de campagnes de sensibilisation coordonnées avec différents secteurs et la société civile. Ces actions visent également à accompagner les fumeurs dans les démarches de sevrage tabagique. Le responsable a par ailleurs insisté sur la gravité du phénomène, soulignant que le tabac, sous toutes ses formes, représente aujourd’hui l’une des menaces les plus importantes pour la santé publique, mais également pour l’économie, la société et l’environnement à l’échelle mondiale. Les données internationales évoquées indiquent que le tabagisme est responsable de plus de 8 millions de décès chaque année, dont plus d’un million liés à l’exposition au tabagisme passif.
Dans ce contexte, il a estimé que cette problématique constitue un véritable défi pour la santé publique en Algérie, en particulier face à la progression observée chez les jeunes de l’usage des cigarettes électroniques et des produits contenant de la nicotine. Dr Fourar a également rappelé que l’Algérie figure parmi les premiers pays africains à avoir ratifié, dès 2006, la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la santé pour la lutte antitabac. Cette adhésion permet au pays de consolider progressivement son arsenal juridique et réglementaire dans ce domaine. À cette occasion, le même responsable a souligné que le slogan retenu pour la Journée mondiale sans tabac 2026, à savoir : « Démasquons les tactiques de séduction – Luttons contre la dépendance au tabac et l’addiction nicotinique », traduit l’évolution des défis contemporains. Ceux-ci sont liés notamment à la multiplication des nouveaux produits du tabac et de la nicotine, ainsi qu’aux stratégies marketing ciblant particulièrement les jeunes et les adolescents.
La séance d’ouverture de cette journée d’étude a réuni près de 200 professionnels de la santé publique, venus de sept wilayas du pays, illustrant l’intérêt porté à cette thématique à l’échelle nationale. Plusieurs interventions scientifiques ont été présentées, notamment celle de la professeure Houria Houichet, experte en pathologies respiratoires, qui a mis en lumière les efforts engagés par l’État pour endiguer le tabagisme, en insistant particulièrement sur le renforcement des dispositifs législatifs et préventifs. De son côté, le docteur Kamel Ait Boubli, spécialiste en épidémiologie et en médecine préventive au ministère de la Santé, a présenté un exposé consacré aux différentes mesures mises en œuvre en Algérie pour lutter contre la propagation du tabagisme et réduire ses impacts sanitaires.

Mohand S

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