
Mines de Fer, de phosphate et de zinc, et résidu du dessalement : le gouvernement fait le point
Le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a présidé, hier, une réunion cruciale du gouvernement, portant sur deux enjeux majeurs pour le développement économique et environnemental du pays.
L’un des points centraux de cette réunion a été la communication sur le projet de valorisation des saumures, ces résidus liquides riches en sels et autres minéraux, générés par les stations de dessalement. Ces installations, essentielles pour répondre à la demande croissante en eau potable dans un contexte de pénurie, produisent en même temps une quantité considérable de saumure, souvent rejetée dans l’environnement, ce qui pose des enjeux environnementaux non négligeables. Le gouvernement a souligné que, conformément aux orientations du président de la République, ce projet s’inscrit dans une démarche d’«économie circulaire», visant à réduire l’impact écologique tout en valorisant cette ressource.
Le concept d’économie circulaire consiste à utiliser, recycler ou réutiliser les matériaux et sous-produits pour limiter le gaspillage et promouvoir la durabilité. Ici, l’objectif est de transformer les saumures en sels destinés à divers usages industriels, tels que la chimie, la métallurgie ou la fabrication de produits pharmaceutiques. La valorisation permet non seulement de réduire les rejets nocifs dans l’environnement, mais aussi de créer de nouvelles filières économiques. A cet effet, les travaux menés en collaboration avec les secteurs concernés ont permis d’identifier une filière technologique adaptée, qui pourrait intégrer des procédés innovants de traitement et de récupération des minéraux contenus dans la saumure.
Une étape significative a été la mise en place d’une station pilote au niveau de la station de dessalement de Corso. Cette étape expérimentale doit permettre de tester et d’optimiser les procédés de valorisation, avant leur déploiement à plus grande échelle. La station pilote constitue ainsi un maillon stratégique pour transformer cette ressource en un produit commercialisable, en assurant la maîtrise technologique et la viabilité économique du processus.
Par ailleurs, la réunion a permis de faire le point sur l’état d’avancement de trois grands projets miniers stratégiques, considérés comme des piliers pour le développement du secteur minier national. Ces projets sont : le développement de la mine de fer de Gara Djebilet à Tindouf, le projet intégré de phosphates à Tébessa, et la mine de zinc-plomb de Tala Hamza/Oued Amizour à Béjaïa. Le projet de Gara Djebilet, l’un des plus importants en Afrique, ambitionne de faire de l’Algérie un acteur majeur dans l’exploitation du fer. La présentation a détaillé les progrès réalisés dans la construction des infrastructures, notamment la mise en place des installations industrielles nécessaires à l’extraction et au traitement du minerai. La sécurité d’approvisionnement en eau et en énergie pour ces sites a également été un point clé, avec des mesures concrètes pour assurer leur alimentation continue, compte tenu de l’importance stratégique de ces ressources.
Le projet de phosphate à Tébessa, quant à lui, vise à valoriser l’un des principaux gisements de phosphates du pays, essentiel pour la production d’engrais à l’échelle nationale et régionale. La réalisation des infrastructures de traitement et d’expédition est en bonne voie, avec une attention particulière portée à la durabilité environnementale et à la réduction des coûts opérationnels.
Enfin, le développement de la mine de zinc et plomb de Tala Hamza/Oued Amizour à Béjaïa, un site stratégique pour la métallurgie, avance selon le calendrier prévu. La mise en place des installations industrielles et l’approvisionnement en ressources hydriques et énergétiques font partie des priorités pour assurer la réussite de ce projet.
Yahia Bourit



