
L’Algérie reboise chaque année l’équivalent des surfaces détruites : le nombre d’incendies de forêt en net recul
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la désertification, célébrée le 17 juin, la Direction générale des forêts (DGF) a dressé un état des lieux de la situation des forêts en Algérie. Son sous-directeur chargé de la protection du patrimoine forestier, Saïd Fritas, a affirmé que les superficies forestières détruites chaque année par les incendies sont intégralement compensées par des opérations de reboisement. Il a également mis en avant les efforts déployés par les pouvoirs publics pour prévenir les feux de forêt et préserver un patrimoine forestier particulièrement vulnérable face aux changements climatiques.
Intervenant, hier, dans l’émission « Invité du matin » de la Chaîne 1 de la Radio algérienne, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la désertification, le sous-directeur de la protection du patrimoine forestier à la Direction générale des forêts, Saïd Fritas, a indiqué que la moyenne annuelle des superficies forestières détruites par les incendies est estimée à environ 40 hectares. Selon lui, cette superficie correspond à celle, voire est inférieure, aux espaces reboisés chaque année par les autorités publiques dans le cadre des programmes nationaux de restauration des écosystèmes forestiers. Ces opérations de reboisement concernent différentes essences adaptées aux spécificités écologiques des régions concernées et visent à préserver le patrimoine forestier national. Le responsable a rappelé que les forêts ne représentent que 2 % de la superficie totale du territoire national, ce qui rend indispensable la mise en œuvre de politiques de protection et de restauration afin de préserver cette richesse naturelle.
Le même responsable a souligné que la nécessité de mettre en œuvre la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification découle directement de la fragilité des milieux naturels en Algérie. Il a précisé que l’ensemble des espaces écologiques, dont les forêts, couvre près de 4,1 millions d’hectares, soit seulement 2 % de la superficie du pays. Cette situation impose, selon lui, un renforcement des efforts de préservation contre l’avancée du désert, l’érosion des sols et la dégradation progressive du couvert végétal, des phénomènes aggravés par les effets des changements climatiques.
Évoquant la situation des incendies de forêt, le responsable de la DGF s’est félicité d’une amélioration observée pour la deuxième année de suite. « C’est la première fois que nous enregistrons une diminution aussi importante du nombre d’incendies ainsi que des superficies touchées », a-t-il affirmé, ajoutant que les services concernés entendent consolider cette tendance positive malgré un contexte climatique marqué par une recrudescence des phénomènes extrêmes. Il a précisé que les autorités poursuivent leurs efforts afin de renforcer les dispositifs de prévention et d’adapter leur stratégie aux effets des changements climatiques qui affectent de plus en plus la région méditerranéenne.
Le sous-directeur de la protection du patrimoine forestier a annoncé que le Plan national de lutte contre les incendies de forêt a été officiellement lancé dès le 1er mai, soit un mois plus tôt que les années précédentes. Ce dispositif préventif et participatif restera en vigueur jusqu’au 30 novembre prochain, une extension motivée par des considérations climatiques et stratégiques. Selon lui, cette décision a été prise par la Commission nationale de protection des forêts, qui regroupe treize secteurs ministériels ainsi que onze entreprises nationales concernées par l’exploitation ou la gestion des espaces forestiers, parmi lesquelles Sonelgaz et la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF).
Le responsable a expliqué que cette révision du calendrier résulte des enseignements tirés de la campagne précédente. Il a rappelé que le plus important incendie enregistré en Algérie l’année dernière s’était déclaré dans la wilaya de Tipasa le 27 octobre, soit près d’un mois après la clôture officielle de la saison de lutte contre les feux de forêt. M. Fritas a également indiqué que cette décision tient compte des récentes mises en garde du Secrétaire général des Nations unies concernant le retour du phénomène climatique El Niño, susceptible de provoquer des perturbations météorologiques à l’échelle mondiale. Ce phénomène est notamment associé à des pluies inhabituelles, à des épisodes de chaleur extrême, à des périodes prolongées de sécheresse ainsi qu’à une augmentation du risque d’incendies de forêt dans plusieurs régions du monde, y compris en Afrique du Nord.
Face à ces prévisions, les autorités algériennes ont choisi d’anticiper davantage leur dispositif de prévention afin de réduire les risques et d’améliorer la rapidité des interventions. Le responsable de la DGF a fait savoir que l’administration forestière dispose désormais de plus de 510 postes de surveillance répartis sur l’ensemble du territoire forestier national. À cela s’ajoute un réseau de pistes forestières de plus de 52 000 kilomètres destiné à faciliter l’accès des équipes d’intervention et à accélérer les opérations d’extinction des incendies. Des postes avancés mobiles de surveillance ont également été installés dans les massifs forestiers traditionnellement les plus exposés aux feux afin d’assurer une détection rapide des départs d’incendies.
M. Fritas a souligné que l’Algérie mise désormais sur les technologies modernes de surveillance et d’alerte précoce pour améliorer l’efficacité de son dispositif de prévention. Les services forestiers exploitent en permanence les données fournies par les services météorologiques afin d’anticiper les périodes à haut risque et d’adapter les moyens mobilisés sur le terrain. Parallèlement, des actions préventives, précise-t-il, sont menées par les différents utilisateurs des espaces forestiers. Sonelgaz, notamment, procède régulièrement au débroussaillage de la végétation située à proximité des lignes à haute tension afin de prévenir les départs de feu pouvant être provoqués par les fortes chaleurs ou les phénomènes électromagnétiques.
Mohand S



