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La station de dessalement d’El Mactaa, vitrine de la souveraineté hydrique et technologique de l’Algérie

La station de dessalement d’eau de mer d’El Mactaa, située à l’est de la wilaya d’Oran, s’impose comme l’un des principaux exemples de la mise en œuvre de la stratégie nationale visant à renforcer la souveraineté hydrique et à assurer durablement la sécurité en eau. Cette infrastructure illustre également les avancées réalisées dans la valorisation des compétences algériennes et le développement de solutions technologiques locales dans un secteur stratégique.

Depuis 2023, la station a engagé un nouveau mode de gestion reposant sur la mobilisation de l’expertise nationale et le renforcement de la coopération avec les universités, les centres de recherche et les établissements de formation. Cette démarche vise à concevoir des solutions techniques innovantes adaptées aux spécificités des installations de dessalement, tout en consolidant l’autonomie technologique du pays. Lors d’une récente visite de presse, le directeur général de la station, Benyahia El Hadj Benchergui, a présenté les différentes installations de cette infrastructure, parmi les plus importantes d’Afrique, ainsi que les actions entreprises pour améliorer les performances techniques, garantir la continuité de la production, développer le savoir-faire industriel national et promouvoir la fabrication locale d’équipements stratégiques. Il a indiqué que la station assure l’alimentation en eau potable d’environ 65% de la population de la wilaya d’Oran, ainsi que d’une partie des wilayas de Mascara et de Relizane. Son fonctionnement repose sur des équipements de haute précision, notamment des pompes et des moteurs à haute pression, dont la maintenance requiert une expertise hautement spécialisée. Dans cette perspective, l’entreprise a mis en place une approche intégrant industrie et recherche scientifique afin de mobiliser les compétences nationales pour relever les défis techniques liés à l’exploitation de ce type d’infrastructures stratégiques.

Fabrication locale de composants stratégiques

L’un des principaux résultats de cette démarche est la fabrication locale de pièces jusque-là importées, grâce à une collaboration avec un enseignant-chercheur spécialisé en mécanique et métallurgie de l’Université de Bouira. Ce partenariat a permis de concevoir et de fabriquer le rotor des turbocompresseurs équipant les pompes à haute pression, considéré comme l’un des composants les plus sensibles du processus de dessalement. Selon le directeur général, l’acquisition de ces pièces sur les marchés internationaux nécessitait auparavant plusieurs mois, ce qui pouvait retarder les opérations de maintenance. En 2024, les compétences nationales ont réussi à produire un premier rotor local, installé puis exploité avec succès au sein de la station. Les essais réalisés ont mis en évidence des performances supérieures à celles des modèles importés, tant en matière de rendement que de fiabilité. Fort de ces résultats, quatre rotors fabriqués localement sont désormais en service, tandis que la production d’unités supplémentaires est programmée.
Les responsables de la station estiment que cette réalisation constitue une preuve tangible de la capacité des compétences algériennes à développer des solutions technologiques de haut niveau répondant aux besoins des infrastructures stratégiques, en cohérence avec la politique nationale visant à accroître le taux d’intégration locale et à renforcer la sécurité hydrique.

Miser sur les compétences nationales

Dans le cadre de sa politique de développement des ressources humaines, la station a renforcé sa coopération avec les universités et les centres de formation professionnelle en accueillant des étudiants et des stagiaires pour des formations pratiques dans les domaines du dessalement de l’eau et de la maintenance industrielle.
Des partenariats ont également été établis avec plusieurs établissements universitaires de référence, notamment l’Ecole nationale polytechnique d’Oran, afin de rapprocher la recherche académique des besoins de l’industrie et de favoriser le transfert de connaissances.
Le directeur général a rappelé qu’avant 2021, lorsque la station était exploitée en partenariat avec une entreprise étrangère, la production quotidienne variait entre 120.000 et 180.000 m³, en raison de nombreuses contraintes techniques.
A l’issue du contrat d’exploitation en 2021, la reprise de la gestion par la Société algérienne de dessalement des eaux (ADE), filiale du groupe Sonatrach, a permis de lancer un vaste programme de réhabilitation entièrement conduit par des ingénieurs, cadres et techniciens algériens.
Cette mobilisation a permis d’améliorer progressivement les performances de l’installation. La production est ainsi passée à 400.000 m³ par jour en juin 2023, puis à 410.000 m³ en novembre 2024, avant d’atteindre aujourd’hui près de 440.000 m³ par jour à l’issue de la dernière grande opération de maintenance.
Au-delà de la réduction des coûts d’importation et des délais d’approvisionnement en pièces de rechange, ces avancées ont renforcé la fiabilité des installations et assuré la continuité du service public de l’eau au profit de millions de citoyens.
Avec une production quotidienne avoisinant désormais les 460.000 m³, la station de dessalement d’El Mactaa répond aux besoins d’environ cinq millions d’habitants des wilayas d’Oran, Mascara et Relizane. Elle constitue ainsi un maillon essentiel de la stratégie nationale de lutte contre le stress hydrique et de renforcement de la souveraineté hydrique. Au-delà de ses performances industrielles, cette expérience illustre la stratégie nationale fondée sur la maîtrise des technologies, la valorisation des compétences algériennes et la transformation de la recherche scientifique en solutions industrielles concrètes. Elle témoigne de la capacité de l’Algérie à sécuriser durablement ses ressources en eau tout en renforçant son autonomie technologique dans un secteur vital.

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