Jusqu’où ira l’escalade ?
Ce n’est peut-être pas une reprise totale de la guerre, mais ça y ressemble fortement. Ces derniers jours ont connu une escalade qui a fait reculer le timide début d’une paix espérée dans le conflit iranien, de manière bien inquiétante. Trump a jugé que les Iraniens ne jouaient pas franc jeu et qu’ils n’avaient aucune intention de mener des pourparlers sérieux.
Pour ce, il a décidé de sévir et de mener une série de frappes durant pratiquement une semaine. Des frappes qui se concentrent principalement autour du détroit d’Ormuz, mais qui ont visé d’autres endroits et d’autres villes. Des ponts et des aéroports ont également été touchés par les bombardements. Trump semble vouloir durcir les choses et confirme que le cessez-le-feu relève désormais du passé. Il compte aussi, et paraît même convaincu, qu’il fera plier le régime iranien et le fera retourner à la table des négociations pour relancer, ce qui est convenu d’appeler le mémorandum cadre d’une probable sortie de crise, avec bien sûr l’acceptation par les négociateurs iraniens des points soumis et voulus par les Américains.
Mais encore une fois, les Iraniens font preuve de résilience et confirment que leurs moyens militaires sont pas totalement anéantis. La preuve, les pays de la région, qui hébergent des bases militaires américaines sur leur sol, ont été soumis à des attaques assez conséquentes. Ainsi pendant cinq jours de suite ces pays, et en particulier la Jordanie, le Koweït et à un degré moindre le Bahreïn, font face à des attaques, assez violentes, de missiles de l’armée iranienne
Cette nouvelle escalade n’annonce rien de bon. La succession des frappes américaines et la riposte des Iraniens qui touche tous les pays de la région où se trouvent des bases américaines, replonge le Moyen-Orient dans une précarité sécuritaire des plus inquiétante. A ce stade, rien n’indique que les parties en conflit travaillent à trouver un début de solution. Tous ont placé la seule logique de la force au-dessus de toute autre considération.
Et il reste évident que la bataille du détroit d’Ormuz est le nœud central de cette surenchère guerrière. Trump est convaincu que c’est là son trophée de victoire, et les Iraniens en font une affaire de souveraineté et de droit légitime.
Et dire que ce détroit ne posait aucun problème pour la libre navigation maritime internationale. Il aura fallu que les sionistes et les Américains s’en mêlent, un certain 28 février 2026, et déclenchent leur offensive pour que ça devienne le dilemme qu’il est devenu aujourd’hui. Une offensive qui ne s’est appuyée que sur la force brute, incontestable certes, mais sans aucune stratégie claire. Un manque de stratégie qui n’a pas fini de faire sombrer toute une région dans un chaos destructeur.
Par Abdelmadjid Blidi