
MC Oran : un mercato et une polémique
À l’approche du coup d’envoi de la saison 2026-2027, le MC Oran traverse une phase délicate marquée par un début de crise mêlant contestation des supporters et divergences internes.
Ce climat, alimenté par un mercato estival controversé, vient compliquer les perspectives d’un club qui semblait pourtant sur une dynamique positive.
Pensé comme un levier de consolidation après une saison encourageante, le recrutement inter-saisonnier a rapidement suscité l’incompréhension. Avec six nouvelles recrues, la direction évoque une stratégie cohérente et mesurée.
Mais sur le terrain des perceptions, le constat est tout autre : de nombreux supporters dénoncent des choix peu ambitieux, estimant que le club a manqué une opportunité décisive de franchir un palier en s’attachant des profils jugés insuffisants pour rivaliser au plus haut niveau. Cette déception est amplifiée par le souvenir encore frais d’un exercice 2025-2026 porteur d’espoirs. La quatrième place décrochée, bien que frustrante en raison de l’absence de qualification continentale, avait redonné du crédit au projet sportif.
La progression affichée et l’enthousiasme retrouvé dans les tribunes laissaient entrevoir une montée en puissance. Le mercato était donc attendu comme un tournant stratégique, ce qu’il n’a manifestement pas été. Au-delà du mécontentement populaire, cette séquence a mis en lumière des tensions au sommet du club. Des divergences opposent la direction sportive au président du CSA, Baroudi Bellelou, qui aurait exprimé son désaccord face à l’absence de recrues de premier plan.
Le dossier Youcef Belaïli, resté sans suite malgré un intérêt affiché, symbolise ces dissensions et a contribué à crisper davantage les relations internes. Le retrait temporaire de Bellelou, actuellement à l’étranger, accentue le flou autour de la gouvernance. Acteur clé de la stabilité ces dernières années, son éloignement intervient à un moment sensible. Dans le même temps, la démission du manager général Zoubir Ouasti, officialisée publiquement, illustre l’ampleur du malaise et fragilise encore davantage l’équilibre organisationnel.
Dans ce contexte tendu, le MC Oran entame sa préparation estivale avec plus de questions que de certitudes. Entre défiance des supporters et fractures internes, le club doit désormais s’atteler à rétablir la cohésion et la crédibilité de son projet. À défaut, les ambitions affichées pour la saison à venir risquent de se heurter à une réalité bien plus instable.
Aimad Brahimi



