Le renforcement des stations de dessalement et la hausse des réserves des barrages améliorent l’alimentation en eau potable
La wilaya de Tlemcen enregistre une amélioration notable de l’alimentation en eau potable grâce au renforcement du recours au dessalement de l’eau de mer, à la réalisation de projets structurants et à la hausse des réserves des barrages, permettant d’optimiser la distribution de cette ressource à travers les différentes communes, a-t-on appris auprès de la Direction des ressources en eau.
La directrice des ressources en eau de la wilaya, Mme Ould Yerrou Aouali, a indiqué que le secteur connaît, cette année, une amélioration sensible de l’approvisionnement en eau potable, portée notamment par la mise en service de nouvelles infrastructures de dessalement, devenues un pilier essentiel de la stratégie de sécurisation des ressources hydriques et de réduction de la dépendance aux ressources conventionnelles. Dans ce cadre, la station de dessalement de Honaïne, d’une capacité de production de 200.000 m³ par jour, alimente les wilayas de Tlemcen et de Sidi Bel-Abbes, tandis que la station de Souk Tlata renforce le réseau avec une production quotidienne de 30.000 m3.
Par ailleurs, une nouvelle station de dessalement est en cours de réalisation à Aïn Adjroud, dans la commune de Marsa Ben M’hidi. Dotée d’une capacité de 300.000 m3 par jour, cette infrastructure stratégique devrait renforcer durablement les capacités d’alimentation en eau potable de la wilaya. Selon la même responsable, son entrée en service permettra d’améliorer sensiblement les programmes de distribution, avec pour objectif de généraliser une alimentation n’excédant pas un jour sur deux dans l’ensemble des communes de la wilaya.
En parallèle, la wilaya a bénéficié de la réalisation, de l’équipement et du raccordement de 20 forages profonds, offrant une capacité supplémentaire de plus de 20.000 m3 par jour. Huit réservoirs d’eau, d’une capacité globale supérieure à 5.000 m3, ont également été réalisés, tandis que plus de 70 kilomètres de conduites d’alimentation en eau potable ont été réhabilités. Cinq stations de pompage sont, en outre, entrées en service dans les communes de Bab El Assa, Sidi Medjahed, Ouled Youcef, Aïn Youcef et Beni Mester, contribuant à améliorer la distribution de l’eau potable.
Au titre du programme de l’année 2026, plusieurs nouvelles opérations ont été lancées, notamment la réalisation de cinq réservoirs d’eau totalisant 7.000 m³ dans les communes de Remchi, Nedroma, Chetouane, Beni Mester et Sabra. Le programme prévoit également le raccordement de deux forages situés dans les villages d’El Houara et de Sidi M’barek (commune de Remchi) à la station de pompage d’Aïn Youcef, ainsi que la réhabilitation de 50 kilomètres supplémentaires de conduites d’alimentation en eau potable. D’autres projets concernent la réalisation de 14 réservoirs, d’une capacité comprise entre 500 et 2.000 m³, dans plusieurs communes du couloir ouest de la wilaya, notamment Msirda Fouaga, Sidi Medjahed, Bab El Assa, Maghnia, Beni Boussaïd, Nedroma et Ghazaouet.
Des réserves confortées par les précipitations
S’agissant des ressources superficielles, Mme Ould Yerrou Aouali a indiqué que les précipitations enregistrées durant la saison hivernale ont porté le taux de remplissage des cinq barrages de la wilaya à 33 %, un niveau permettant d’assurer l’alimentation en eau potable de la population pendant près d’une année.
Les réserves s’élèvent actuellement à 16,5 millions de m3 pour le barrage de Beni Bahdel, 58 millions de m³ pour celui de Boughrara, 18 millions de m³ pour le barrage de Sekkak, 5,7 millions de m³ pour le barrage d’El Mefrouche et 16 millions de m³ pour celui de Sidi Abdelli. Une partie de ces ressources est également consacrée à l’irrigation agricole.
Le périmètre irrigué de Tafna Yesser a ainsi bénéficié de 5 millions de m3 provenant du barrage de Boughrara et de 4 millions de m³ du barrage de Sekkak. La wilaya d’Aïn Témouchent a, pour sa part, reçu un apport de 11 millions de m3 destiné au remplissage de la retenue de Dzioua. Par ailleurs, les communes d’El Aricha, El Gor, Sebdou, El Bouihi et Sidi Djilali, situées au sud de la wilaya, sont alimentées par le projet du Chott El Gharbi, qui fournit près de 14.000 m3 d’eau par jour, permettant d’assurer une distribution quotidienne ou un jour sur deux selon les localités.
Dans le cadre de la préservation des ressources hydriques, la campagne de lutte contre les fuites, menée en coordination avec l’Algérienne des Eaux (ADE) et avec le concours d’équipes venues de wilayas voisines, a permis de réparer 3.200 fuites depuis le début de l’année et de récupérer plus de 10.000 m3 d’eau.
Les opérations de contrôle des branchements illicites se poursuivent également sous la supervision de la Police des eaux, afin d’améliorer le rendement des réseaux et de préserver cette ressource stratégique.



