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Enseignement Supérieur : l’Université s’engage dans la révolution de l’intelligence artificielle et de l’entrepreneuriat

À l’occasion de la Conférence nationale des universités, tenue hier, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a présenté une feuille de route ambitieuse pour le secteur.

Devant les cadres de l’administration centrale, les directeurs d’établissements universitaires, les représentants des partenaires sociaux et les associations étudiantes, le ministre a donné le coup d’envoi d’une transformation en profondeur. Dans son allocution d’ouverture, M. Baddari a réaffirmé la volonté des pouvoirs publics de bâtir une université moderne et créatrice de valeur, pleinement engagée dans la concrétisation des directives du président de la République pour bâtir une économie de la connaissance et garantir la souveraineté scientifique du pays.
Au cœur de cette nouvelle année universitaire, la transformation numérique franchit un cap décisif grâce à l’intégration massive de l’intelligence artificielle. Les étudiants bénéficieront désormais d’un parcours d’apprentissage sur mesure grâce à un assistant virtuel intelligent capable de les guider dans le choix de leurs modules en fonction de leurs aptitudes et de leurs ambitions professionnelles. Côté corps enseignant, le développement d’un modèle linguistique personnalisé (LLM) permettra d’automatiser la création d’exercices pédagogiques et d’assister l’évaluation des connaissances. Ces innovations visent à aligner l’enseignement supérieur algérien sur les standards internationaux les plus modernes.
L’université algérienne affirme également sa vocation économique avec un objectif majeur : mettre sur le marché national cinq mille produits innovants estampillés « Fabriqué en Algérie » à l’horizon 2030. Chaque innovation donnera lieu à la création d’une startup, d’une micro-entreprise ou d’une entreprise dérivée (spin-off). Pour concrétiser cette ambition, la deuxième édition du programme « ProtoMarket » offrira des financements exceptionnels allant de un million à deux milliards de dinars pour la réalisation de prototypes technologiques. En parallèle, le secteur innove sur le plan financier avec le lancement du premier fonds commun de placement à risque et la création d’une première société d’investissement en capital-risque hébergée à l’Université d’Alger 3, initiative qui sera déclinée dans quatre autres universités d’ici la fin de l’année.
Cette quête de performance s’accompagne d’une reconnaissance internationale grandissante. Pour la première fois de leur histoire, cinq établissements universitaires algériens ont obtenu la certification de qualité internationale ISO 9001:2015 pour leurs activités de formation et de recherche. Sur le plan de la diplomatie académique, la dynamique se confirme avec 77 accords de jumelage déjà signés et le succès grandissant de la plateforme « Study in Algeria », qui a permis d’accueillir 1 500 nouveaux étudiants internationaux issus de 34 pays, générant ainsi de précieuses ressources en devises pour le pays.
Enfin, la modernisation touche de plein fouet la gestion des services universitaires et le cadre de vie des étudiants. Les efforts de rénovation ont déjà permis de réhabiliter 2 283 pavillons d’hébergement sur l’ensemble du territoire. De plus, la numérisation complète de la restauration universitaire, déployée depuis le mois d’avril, porte ses fruits de manière spectaculaire : elle génère des économies mensuelles chiffrées en milliards de dinars. La rationalisation de ces dépenses a immédiatement été réinvestie dans l’amélioration directe de la qualité des repas et des prestations fournies aux étudiants sur les campus.

Noreddine Oumessaoud

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