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Université d’été du Front Polisario : les méthodes du Makhzen marocain démasquées

Le militant politique sahraoui Aziz El-Ouahidi, qui a passé dix ans dans les prisons de l’occupant marocain, a rapporté que les souffrances que lui et d’autres détenus sahraouis ont endurées dans les prisons étaient dépourvues de toute humanité.

Le Représentant permanent du Front Polisario et de l’État sahraoui auprès de l’ONU, coordinateur de la MINURSO et membre du secrétariat national du Polisario, Sidi Mohamed Omar, a estimé samedi que l’occupant marocain ne manifeste aucune intention politique pour trouver une solution définitive au conflit du Sahara occidental, en conformité avec le Droit international.
Lors d’une conférence inscrite dans le cadre de la 14e édition de l’université d’été des cadres du Front du Polisario et de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), qui se tient à l’université M’hamed Bouguara de Boumerdès, Sidi Mohamed Omar a déclaré que «l’occupant marocain continue d’imposer sa politique coloniale pour ancrer son occupation illégale de certaines parties du territoire du Sahara occidental, au mépris de la légalité internationale qui reconnaît le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination».
Il a ajouté que la position de la partie sahraouie se traduisait par «sa quête d’une paix juste et durable, ainsi que par la volonté de permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit inaliénable, non négociable, imprescriptible et non délégable à l’autodétermination et à l’indépendance », tandis que la partie marocaine persiste dans son «rejet absolu de toutes les solutions qui confirment les droits du peuple sahraoui », ce qui, a-t-il souligné, « place la lutte du peuple sahraoui pour la liberté et l’indépendance à un tournant décisif ».
Le diplomate sahraoui a considéré que « l’élément essentiel et constant de l’équation complexe de la question sahraouie est le peuple sahraoui, fermement déterminé à poursuivre la résistance et la lutte ». Il a également déclaré que l’État sahraoui était « disposé à négocier avec le Maroc l’établissement de relations stratégiques entre les deux pays et mutuellement bénéfiques », après le référendum d’autodétermination et l’indépendance de la République arabe sahraouie démocratique.
En marge des travaux de l’université d’été des militants politiques sahraouis ont relaté les traitements inhumains qui les ont privés de leurs droits les plus élémentaires et ont porté atteinte à leur dignité, l’occupation marocaine excellant dans la torture, les insultes et les humiliations tout au long de leur période de détention, durant laquelle leurs familles faisaient également l’objet de pressions et d’interrogatoires.
Dans son témoignage, le militant politique sahraoui Aziz El-Ouahidi, qui a passé dix ans dans les prisons de l’occupant marocain, a rapporté que les souffrances que lui et d’autres détenus sahraouis ont endurées dans les prisons étaient dépourvues de toute humanité, et se traduisaient par « des tortures psychologiques et physiques, des actes d’intimidation et de terreur, ainsi que par l’interdiction des visites familiales, outre les atteintes à la dignité humaine ».
Il a ajouté que le pire traitement qu’un prisonnier subit lors de sa détention est d’être traité comme s’il était « sans valeur, sans dignité et sans humanité », tout en étant privé de ses droits les plus élémentaires et soumis quotidiennement à la privation de nourriture.
Ces faits ont été corroborés par d’autres anciens détenus politiques, Abdelmouli Al-Hafdhii, El-ber El-Kentani, Zahra Sabahi, Houda Bakka et Kebbal Mohamed Amine, qui ont unanimement affirmé dans leurs témoignages que l’occupant marocain recourt à des méthodes « d’une extrême cruauté et inhumanité », en particulier à l’encontre des militants politiques et des étudiants universitaires, en les traquant, et en inventant de motifs illusoires pour les arrêter, usant des méthodes « les plus dangereuses » et en concoctant des procès-verbaux imaginaires à caractère criminel.
Les intervenants ont également révélé d’autres violations subies quotidiennement par le peuple sahraoui, consistant en des pressions exercées sur les familles des détenus après l’émission de mandats de détention arbitraire, sans le moindre respect des normes des droits de l’homme. Dans ce cadre, El-ber El-Kentani, Zahra Sabahi et Houda Bakka ont également fait savoir que l’occupant a recours au transfert forcé des militants politiques d’une prison à une autre afin de couper tout contact entre eux.
Selon ces mêmes témoignages, les autorités d’occupation extorquent leurs déclarations sous la contrainte, la torture, et la supervision de personnes « suspectes » appartenant aux différents services de sécurité du régime du Makhzen, qui tentent de semer la discorde parmi eux afin de les diviser et de porter atteinte à l’unité des rangs sahraouis. Tous les témoignages concordent sur le fait que les détenus politiques sahraouis font fréquemment l’objet d’un nouvel enlèvement après leur mise en liberté.

Anissa Mesdouf

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