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Faire face à la tragédie du Soudan du sud

Faire face à la tragédie du Soudan du sud

A l’heure où les feux de l’actualité s’éteignent rarement devant des tragédies humanitaires qui se jouent à huis clos, il est utile de rappeler que les conflits ne naissent pas dans le vide. Ils progressent sur le terrain grâce à une conjonction d’acteurs, de décisions et de dynamiques qui, une fois enclenchées, glissent hors des cadres strictement souverains pour nourrir des tensions qui dépassent les frontières. Dans ce cadre, la multiplication des ingérences extérieures, quand elles ressortent de la tribune internationale, posent une double question. D’abord celle qui a trait à la protection des populations civiles, ensuite celle de la préservation de l’ordre international face aux ingérences.

Le Soudan et le Soudan du Sud traversent une période particulièrement fragile, marquée par une détérioration rapide de la situation humanitaire. Les accusations formulées sur l’appui politique, militaire ou logistique accordé à tel ou tel acteur armé ne suffisent pas à rester sans agir. Elles obligent à regarder avec lucidité la complexité des réseaux qui entremêlent intérêts régionaux et influences étrangères. En cela l’Union africaine a sa responsabilité. Et le président de la République pose la problématique en ce qu’elle est réellement. Il s’agit, en effet, d’abord et avant tout d’obligation de solidarité, dont les Africains doivent faire montre. Le droit international et les mécanismes de contrôle s’imposent alors comme des repères indispensables, certes, mais appliquons-le en Africains entre Africains et mettons de côté les ingérences qui polluent le continent et provoquent des milliers de morts dans des guerres inutiles et des famines évitables.

Ce dont a besoin l’Afrique, c’est d’une paix durable et juste. Celle-ci ne peut être imposée par des chaînes de commandement qui contournent les mécanismes de dialogue et de reddition de comptes. Pareille démarche ouvre grandes les portes aux atteintes contre les souverainetés des peuples. Dans ce contexte, les appels à la retenue, à l’ouverture d’espaces de dialogue et à la coopération régionale prennent une résonance particulière.

La réputation et la crédibilité des institutions internationales dépendent de leur capacité à rester neutres, vérifiables et efficaces face à des accusations lourdes et à des réalités sur le terrain qui évoluent rapidement. Mais cette neutralité se construit avec les Etats. Et dans le cas de figure du Soudan du Sud, c’est aux nations africaines de montrer clairement leur adhésion au principe de justice, de protection des civils et de non-ingérence. C’est là une boussole précieuse pour les dirigeants, les partenaires humanitaires et les opinions publiques du continent. Chacun à son niveau, se doit de dénoncer les violences et travailler à la restauration de la dignité humaine.

— Par Nabil.G

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