Oran Aujourd'hui
Protection durable du littoral : un défi et un combat de longue haleine
Protection durable du littoral : un défi et un combat de longue haleine
Un coup de pelle mécanique a parfois une portée symbolique. En procédant, la semaine dernière, à la démolition d’une série d’abris de pêche érigés illicitement sur le littoral d’Aïn El Turck, les autorités locales ont voulu adresser un message clair : celui de la restauration de l’ordre sur un espace côtier qui, depuis des décennies, subit toutes les formes d’anarchie. L’opération, conduite sous la supervision des services de la daïra avec l’appui de la Protection civile, des garde-côtes et de la Gendarmerie nationale, mérite d’être saluée. Elle témoigne d’une volonté réelle de reprendre possession d’un domaine public longtemps livré aux occupations sauvages.
Mais une question demeure : combien de fois cette scène s’est-elle déjà répétée ? Les Oranais gardent en mémoire les campagnes d’assainissement lancées par d’anciens walis alors en poste. Chaque été ou presque, des décisions étaient prises pour débarrasser la Corniche de ses constructions anarchiques. Pourtant, quelques semaines plus tard, les mêmes baraques réapparaissaient, parfois au même endroit, comme si les démolitions n’avaient été qu’une parenthèse. Ce cycle infernal nourrit un sentiment d’impuissance qui finit par décrédibiliser l’action publique. Détruire est une nécessité lorsque la loi est bafouée. Prévenir demeure cependant la véritable victoire.
Les exemples récents illustrant les difficultés de cette reconquête ne manquent pas. Malgré les campagnes de nettoyage, plusieurs plages continuent de souffrir de l’envahissement des parkings clandestins, de l’occupation abusive du sable par des exploitants informels ou encore de commerces saisonniers installés sans autorisation. Les autorités ont certes obtenu des résultats appréciables cet été en réduisant certaines pratiques illégales, mais les résistances restent nombreuses et les récidives fréquentes. Le même constat s’observe ailleurs dans la wilaya. Les démolitions répétées de constructions illicites, les opérations de récupération des trottoirs, la lutte contre les extensions anarchiques des commerces ou encore les campagnes contre les dépôts sauvages d’ordures traduisent une mobilisation incontestable. Pourtant, ces efforts sont souvent freinés par des lenteurs administratives, un suivi insuffisant ou une absence de surveillance durable après les interventions. Le littoral oranais mérite pourtant mieux. Il constitue l’une des plus grandes richesses naturelles et touristiques de la région. Chaque baraque construite sans droit, chaque clôture improvisée, chaque terrasse illégale finit par défigurer un patrimoine collectif qui appartient à tous. La Corniche ne doit plus être considérée comme un espace où chacun peut s’installer selon son bon vouloir. La réussite des opérations engagées dépendra désormais de leur continuité. Les bulldozers peuvent effacer les traces de l’anarchie, mais ils ne suffisent pas à changer les comportements. Seule une politique cohérente, associant contrôle permanent, sanctions effectives, aménagement des zones de pêche, sensibilisation des usagers et coordination entre toutes les institutions concernées permettra de préserver durablement le littoral.
Restaurer l’ordre est indispensable. Le maintenir est autrement plus difficile. C’est précisément sur cette capacité à inscrire l’action publique dans la durée que sera jugée la véritable reconquête des côtes oranaises. C’est à cette condition que le littoral retrouvera enfin son visage naturel et sa vocation première : être un patrimoine commun, protégé et transmis aux générations futures.
Mais une question demeure : combien de fois cette scène s’est-elle déjà répétée ? Les Oranais gardent en mémoire les campagnes d’assainissement lancées par d’anciens walis alors en poste. Chaque été ou presque, des décisions étaient prises pour débarrasser la Corniche de ses constructions anarchiques. Pourtant, quelques semaines plus tard, les mêmes baraques réapparaissaient, parfois au même endroit, comme si les démolitions n’avaient été qu’une parenthèse. Ce cycle infernal nourrit un sentiment d’impuissance qui finit par décrédibiliser l’action publique. Détruire est une nécessité lorsque la loi est bafouée. Prévenir demeure cependant la véritable victoire.
Les exemples récents illustrant les difficultés de cette reconquête ne manquent pas. Malgré les campagnes de nettoyage, plusieurs plages continuent de souffrir de l’envahissement des parkings clandestins, de l’occupation abusive du sable par des exploitants informels ou encore de commerces saisonniers installés sans autorisation. Les autorités ont certes obtenu des résultats appréciables cet été en réduisant certaines pratiques illégales, mais les résistances restent nombreuses et les récidives fréquentes. Le même constat s’observe ailleurs dans la wilaya. Les démolitions répétées de constructions illicites, les opérations de récupération des trottoirs, la lutte contre les extensions anarchiques des commerces ou encore les campagnes contre les dépôts sauvages d’ordures traduisent une mobilisation incontestable. Pourtant, ces efforts sont souvent freinés par des lenteurs administratives, un suivi insuffisant ou une absence de surveillance durable après les interventions. Le littoral oranais mérite pourtant mieux. Il constitue l’une des plus grandes richesses naturelles et touristiques de la région. Chaque baraque construite sans droit, chaque clôture improvisée, chaque terrasse illégale finit par défigurer un patrimoine collectif qui appartient à tous. La Corniche ne doit plus être considérée comme un espace où chacun peut s’installer selon son bon vouloir. La réussite des opérations engagées dépendra désormais de leur continuité. Les bulldozers peuvent effacer les traces de l’anarchie, mais ils ne suffisent pas à changer les comportements. Seule une politique cohérente, associant contrôle permanent, sanctions effectives, aménagement des zones de pêche, sensibilisation des usagers et coordination entre toutes les institutions concernées permettra de préserver durablement le littoral.
Restaurer l’ordre est indispensable. Le maintenir est autrement plus difficile. C’est précisément sur cette capacité à inscrire l’action publique dans la durée que sera jugée la véritable reconquête des côtes oranaises. C’est à cette condition que le littoral retrouvera enfin son visage naturel et sa vocation première : être un patrimoine commun, protégé et transmis aux générations futures.
— Par S.Benali