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Un rituel sans emprise sur les événements

Un rituel sans emprise sur les événements

Ce sera la dernière d’Antonio Guterres. Le Secrétaire général de l’ONU devra passer la main juste après cette 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies. Il quitte l’institution internationale alors qu’elle traverse la plus difficile période de son histoire. Une situation que même Guterres reconnaît sans faux fuyant, notamment concernant les deux conflits majeurs qui secouent le monde depuis un moment déjà, à savoir l’Ukraine et le Moyen-Orient, déclarant à ce sujet que «chaque jour, les choses empirent un peu plus. Il n’y a aucune amélioration nulle part».
En effet, l’ONU semble avoir perdu la main et ne pèse pas vraiment sur les chamboulements que connaît le monde, notamment ces dernières années et l’avènement de Trump qui ne se réfère jamais à l’organisation internationale dans ses prises de décisions, ignorant superbement le droit international qui,de fait, il ne reconnaît pas. Et s’il fallait une autre preuve pour le dénigrement de Trump de l’ONU, il faut juste rappeler que le président américain a même créé sa nouvelle organisation qu’il a dénommé le Conseil de la paix. lancé en janvier 2026 à Davos. Un conseil qui vient concurrencer et même suppléer l’ONU dans la gestion et la résolution des conflits internationaux.
Mais cela n’empêche pas le président américain d’être présent dans toutes les assemblées générales de l’ONU. Il sera aussi présent cette fois au côté de 150 autres chefs d’Etat. Mais encore une fois, il ne faut pas s’attendre à une convergence des vues entre tout ce beau monde, car chacun viendra pour asséner ses vérités et imposer ses visions. Car de l’avis de la quasi-totalité des experts et des politologues, le multilatéralisme a vécu depuis un moment déjà. D’ailleurs même le bloc occidental est un mur bien fissuré entre une Amérique qui fait cavalier seul, une Europe en plein crise et un Canada quasiment en affrontement ouvert avec son grand voisin américain.
Il restera peut-être à parler de l’Ukraine, sûrement grande conviction mais aussi de la cause palestinienne, mais là aussi il ne faut pas s’attendre à de grands bouleversements surtout quand on sait que le président de l’autorité palestinienne ne pourra pas être présent à New-York à cause du refus des États-Unis de lui octroyer le visa, et ce au moment où le chef de l’entité sioniste, Benyamin Nétanyahou, pourtant sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la CPI, sera lui bien présent pour défendre ses thèses genocodaires.
Mais le monde étant ce qu’il est aujourd’hui et l’ONU étant au plus faible, il ne faut pas espérer grand chose de cette assemblée générale. Ce n’est plus qu’un rituel par lequel il faut passer sans aucune incidence ni sur conflits, ni sur le climat, ni sur l’IA, qui constituent les dossiers à débattre du 22 au 26 septembre.
— Par Abdelmadjid Blidi

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