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Drainage des eaux pluviales : entre prévention et défis persistants

Drainage des eaux pluviales : entre prévention et défis persistants

À quelques semaines des premières pluies automnales, les collectivités locales accélèrent les opérations de curage des oueds, de nettoyage des avaloirs et de réhabilitation des ouvrages d’évacuation des eaux pluviales. Cette année encore, plusieurs chantiers sont engagés à travers la wilaya d’Oran, notamment à Arzew où les travaux de réhabilitation de l’oued El Mohgoun et la réalisation de nouveaux collecteurs avancent progressivement. Ces interventions témoignent d’une volonté réelle des pouvoirs publics de mieux préparer les villes aux intempéries et de limiter les risques d’inondation qui reviennent presque chaque hiver.
Les travaux réalisés entre Haï El Mohgoun et Haï Gourine, le curage des lits d’oueds, la création de nouveaux conduits ainsi que le renforcement des réseaux d’assainissement répondent à une nécessité devenue permanente. Au-delà de la simple évacuation des eaux de pluie, ces opérations contribuent également à améliorer les conditions sanitaires en mettant fin aux débordements d’eaux usées qui affectent depuis longtemps certains quartiers et zones péri-urbaines.
Ces efforts méritent d’être soulignés. Ils traduisent une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux et de sécurité publique. Les campagnes de nettoyage des points noirs, devenues presque systématiques avant chaque saison hivernale, permettent effectivement d’améliorer la capacité d’absorption des réseaux et de réduire les risques de stagnation des eaux.
Mais comme souvent, les difficultés apparaissent une fois les premières averses tombées. Dans plusieurs communes de la wilaya, il suffit d’une pluie d’intensité moyenne pour voir réapparaître les mêmes scènes : chaussées transformées en mares, trottoirs submergés, avaloirs obstrués, circulation paralysée et commerces envahis par les eaux. Certains carrefours deviennent pratiquement impraticables pendant plusieurs heures, révélant les limites d’un réseau de drainage parfois vieillissant ou insuffisamment entretenu. Les causes sont multiples.
Une partie importante des ouvrages date de plusieurs décennies et n’a jamais été dimensionnée pour accompagner l’expansion urbaine actuelle. Les nouveaux lotissements, l’imperméabilisation croissante des sols, la disparition de certains espaces naturels d’infiltration et l’urbanisation rapide modifient profondément l’écoulement des eaux pluviales. À cela s’ajoutent des dysfonctionnements qui relèvent davantage du comportement humain.
De nombreux avaloirs sont quotidiennement obstrués par des sacs plastiques, des gravats, des déchets ménagers ou des résidus de chantiers. Les lits de certains oueds continuent d’être utilisés comme dépotoirs sauvages malgré les campagnes de sensibilisation et les opérations de nettoyage. Quelques semaines suffisent parfois pour annuler les effets d’un curage pourtant coûteux. Les insuffisances concernent également le suivi. Dans plusieurs secteurs, les interventions restent concentrées à l’approche de l’hiver alors que l’entretien devrait être assuré tout au long de l’année. Les réseaux secondaires, souvent moins visibles, échappent parfois aux programmes d’inspection réguliers.
Il n’est pas rare également que des avaloirs récemment nettoyés soient rapidement rebouchés faute d’entretien périodique. L’exemple d’Arzew montre pourtant qu’une approche globale est possible. En associant curage des oueds, réalisation de nouveaux collecteurs, réhabilitation des réseaux d’assainissement et amélioration du drainage des eaux pluviales, les autorités locales s’attaquent aux causes structurelles plutôt qu’aux seuls effets des intempéries. Cette démarche gagnerait à être généralisée dans l’ensemble des communes exposées. La gestion des oueds ne doit plus être perçue comme une opération saisonnière mais comme une politique permanente d’aménagement urbain.
Les investissements publics produiront pleinement leurs effets lorsqu’ils seront accompagnés d’une maintenance continue, d’un contrôle rigoureux des réseaux, d’une lutte efficace contre les dépôts sauvages et d’une véritable implication citoyenne. Car, face aux épisodes pluvieux de plus en plus intenses, une ville ne se protège pas seulement avec des pelleteuses quelques semaines avant l’hiver. Elle se protège d’abord par une gestion prévoyante, un entretien permanent et une responsabilité partagée.
— Par S.Benali

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