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Un monde injuste et sans honneur

Un monde injuste et sans honneur

Un criminel de guerre est monté au pupitre de cette 81e session de l’assemblée générale de l’ONU pour se faire passer pour une victime, se permettant même le luxe d’insulter les représentants de plusieurs pays les qualifiant de lâches et d’hypocrites. Lui qui a encore les mains entachées du sang de milliers de victimes innocentes a cru pouvoir duper son auditoire et le monde entier en jouant sur l’éternelle corde de la victimisation.
Devant une salle au trois quart vide, le plus grand criminel de ce 21e siècle versait ses larmes de crocodiles pour deux ou trois colons, alors que son armée est en train d’exterminer tout un peuple, tuant depuis 2023 près de 80.000 palestiniens à Ghaza et imposant un blocus inhumain à des millions d’autres qui vivent dans le dénuement le plus total, privés de nourriture, de médicaments et de soins, et n’ayant pour abri que des tentes de fortune qui ne les protègent ni contre la chaleur infernale ni le froid glacial.
Un bourreau qui malgré le mandat d’arrêt international lancé contre lui par la CPI jouit de la protection de ses parrains américains qui lui ont permis d’être à New York, au moment où ils ont privé les Palestiniens et leur président de visa. Mahmoud Abbas a été ainsi obligé d’intervenir devant cette auguste assemblée par visioconférence. Oui, c’est ainsi car dans le monde d’aujourd’hui la victime est invitée à souffrir en silence et à se taire, alors que son bourreau a lui tous les droits et l’occasion de dérouler ses mensonges et ses contre vérités dans la maison du droit international. Un droit international qu’il piétine au quotidien dans l’impunité la plus totale.
Tout cela est difficile à accepter pour le peuple palestinien qui vit la plus sombre et la plus douloureuse période de son histoire, ou comme l’a si bien déclaré le président palestinien “les politiques israéliennes ne se contentent plus de compromettre la solution à deux Etats mais menacent désormais la vie et l’existence mêmes du peuple palestinien».
Mais alors ce monde, et ses puissants du moment, osera-t-il dans un dernier sursaut d’humanisme et de justice sauver un peuple des griffes d’un monstre dont la place n’est pas à se pavaner dans l’antre de l’ONU, mais derrière les barreaux de la prison de la Haye. Malheureusement, rien n’est moins sûr. Car le monde d’aujourd’hui est ainsi fait. Injuste et sans honneur.
— Par Abdelmadjid Blidi

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