A la une

Barrages, dessalement et transferts d’eau : l’Algérie renforce sa sécurité hydrique

Barrages, dessalement et transferts d’eau

L’Algérie renforce sa sécurité hydrique

Le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a affirmé que l’État, sous la conduite du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, accorde une importance majeure au secteur de l’hydraulique, confronté à des défis considérables liés aux changements climatiques, à la dynamique de développement que connaît le pays dans différents domaines et à la hausse de la demande en eau, une ressource vitale sur les plans économique et social.

Le ministre a tenu à rassurer sur la situation hydrique du pays, affirmant que l’Algérie est à l’abri des inquiétudes évoquées concernant une éventuelle crise de l’eau à l’avenir. Invité, hier, au Forum de la Chaîne 1 de la Radio nationale, le ministre a expliqué que l’Algérie œuvre actuellement à renforcer sa sécurité hydrique à l’échelle nationale, à assurer une répartition équitable de l’eau et à diversifier ses sources d’approvisionnement. À cet effet, d’importantes enveloppes financières ont été mobilisées, atteignant 1 469 milliards de dinars pour les projets inscrits. M. Bouzegza a également indiqué que le pays connaît, ces dernières années, une certaine stabilité en matière d’approvisionnement en eau, grâce aux grands programmes réalisés. Cette situation devrait continuer à s’améliorer progressivement. L’Algérie dispose aujourd’hui de 82 barrages, dont le taux de remplissage avoisine les 60 %. Trois nouveaux barrages doivent également être réceptionnés cette année, tandis que des études sont en cours pour la réalisation de 28 autres. À cela s’ajoutent 18 grands projets de transfert d’eau, ainsi que des opérations d’interconnexion entre les barrages.

Le ministre a annoncé le lancement prochain de plusieurs projets structurants. Parmi eux figure le raccordement de 15 communes de la wilaya de Sétif au barrage de Draâ Diss, pour un coût estimé à 18 milliards de dinars. Le projet devrait entrer effectivement en phase de réalisation à l’occasion de la commémoration du 1er Novembre. Un autre projet concerne le raccordement de la région de Tanezrouft, dans la wilaya de Bordj Badji Mokhtar, au champ de Tin Zaouatine, dans la wilaya d’In Guezzam. Cette opération s’étendra sur près de 250 kilomètres et nécessitera une enveloppe financière avoisinant les 26 milliards de dinars. D’autres projets, de différentes envergures, sont également prévus dans plusieurs wilayas. Ils s’inscrivent dans la vision prospective du président de la République visant à résorber les déséquilibres constatés entre les différentes régions du pays en matière d’approvisionnement en eau.

Dessalement de l’eau de mer : 19 grandes stations en service

Abordant la stratégie nationale de sécurisation des ressources hydriques, le ministre a souligné le rôle essentiel des stations de dessalement de l’eau de mer, qu’il a qualifiées de solution optimale pour assurer la durabilité de cette ressource vitale et renforcer la sécurité hydrique, dans un contexte marqué par l’irrégularité des précipitations. L’Algérie compte actuellement 19 grandes stations de dessalement de l’eau de mer et 12 stations de moyenne capacité. L’ensemble de ces installations produit 3,6 millions de mètres cubes d’eau par jour et couvre les besoins d’environ 40 % de la population nationale. Le programme de développement de ces infrastructures se poursuit, avec la réalisation de nouvelles stations et la réception, prévue d’ici à la fin de l’année, de plusieurs installations, notamment celles d’El Tarf et de Béjaïa, dans l’est du pays.

Le programme prévoit également le raccordement d’autres régions à l’eau dessalée. À ce titre, le raccordement de la wilaya de Blida à la station de Fouka, dans la wilaya de Tipaza, devrait intervenir à l’occasion du 1er Novembre. Selon le ministre, cette échéance marquera également le lancement des travaux d’interconnexion destinés à acheminer l’eau vers les wilayas de l’intérieur et des Hauts-Plateaux. D’autres projets d’envergure concernent les wilayas du Sud. Il a notamment cité la station d’In Salah, d’une capacité de 60 000 mètres cubes, qui alimentera également la wilaya de Tamanrasset, sur une distance d’environ 700 kilomètres. Dans la wilaya de Tindouf, une extension de la station actuelle est prévue, parallèlement à la réalisation d’une nouvelle station d’une capacité de 10 000 mètres cubes par jour.

Par ailleurs, le membre du Gouvernement a évoqué les infrastructures de traitement et d’épuration des eaux usées. Le pays compte actuellement 237 stations de différentes capacités, produisant environ 1,12 milliard de mètres cubes d’eau traitée, avec un taux de récupération estimé à 55 %. Alors que ces installations étaient auparavant principalement destinées à la protection de l’environnement, à la prévention des maladies transmissibles et à la lutte contre la pollution, les eaux traitées sont désormais appelées à jouer un rôle économique croissant. Leur réutilisation devrait notamment contribuer au développement de l’agriculture et de l’industrie, en particulier dans le cadre des grands projets structurants, a conclu le ministre.

Mohand S

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page