
Réunion tripartite sur la crise libyenne : Alger, Tunis et Le Caire pour une solution politique
Alger, Tunis et Le Caire pour une solution politique
Les ministres des Affaires étrangères de l’Algérie, de la Tunisie et de l’Égypte ont réaffirmé, dimanche à Alger, la responsabilité historique et le rôle central du Mécanisme tripartite des pays voisins de la Libye. À l’issue de leur réunion ministérielle, ils ont appelé, sous l’égide des Nations unies, à soutenir une solution politique fondée sur la volonté du peuple libyen, à l’écart de toute ingérence étrangère. « En consécration de la tradition de concertation et de coordination et en application des conclusions de la réunion du Mécanisme tripartite des pays voisins sur la crise libyenne, tenue au Caire le 21 mai 2026, l’Algérie a accueilli, le 25 octobre 2026, une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Algérie, de l’Égypte et de la Tunisie, dans le cadre de ce Mécanisme, en vue de suivre les derniers développements de la crise libyenne et les perspectives de son règlement », précise le communiqué rendu public, hier.
La réunion a rassemblé Ahmed Attaf, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Badr Abdelatty, ministre égyptien des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et des Égyptiens de l’étranger, ainsi que Mohamed Ali Nafti, ministre tunisien des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger. Les trois ministres ont souligné « la responsabilité historique et le rôle central du mécanisme des pays voisins, sous l’égide des Nations unies, dans l’appui au processus politique libyen et le soutien à toutes les démarches sérieuses visant à mettre fin à la crise libyenne ». Ils ont également insisté sur « la nécessité de prendre en considération le rôle central de ces pays, en leur qualité d’États les plus concernés par les évolutions et les derniers développements de la situation dans ce pays voisin et frère, les plus conscients de la complexité de la crise, de ses répercussions et de ses incidences, et les plus soucieux d’accélérer la recherche d’un règlement global et radical de celle-ci ».
Les ministres des Affaires étrangères des pays voisins ont par ailleurs exprimé « leur plein soutien aux efforts des Nations unies et aux démarches internationales visant à faciliter le processus politique, en vue de l’organisation d’élections présidentielles et parlementaires simultanées, libres et honnêtes, conformément à un cadre constitutionnel et juridique consensuel ». Selon eux, ces élections doivent permettre de mettre définitivement fin aux périodes de transition, « devenues un fait accompli qui contribue à approfondir et à exacerber la crise ». Elles devraient également conduire à la création d’institutions constitutionnelles légitimes, unifiées, fortes et stables, capables de mettre fin à la division institutionnelle actuelle.
Dans ce contexte, ils ont mis l’accent sur « la nécessité d’une coordination et d’une complémentarité des efforts régionaux et internationaux, en appui à un processus politique libyen inclusif, facilité par la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL) ». Cette démarche vise à renforcer l’appropriation du processus par les Libyens et à contribuer au règlement de la crise. Les ministres ont également évoqué les efforts « soutenus » de la Mission onusienne en Libye dans le cadre de « la mise en œuvre des fondements de la feuille de route politique qu’elle a annoncée le 21 août 2025 ». Ils ont notamment examiné les résultats obtenus par le Comité de dialogue restreint (44), ainsi que l’accord-cadre signé le 30 août 2026. Ils ont insisté sur la nécessité que le processus politique soit « dirigé et pris en charge par les Libyens eux-mêmes, et que le règlement politique découle de la volonté du peuple libyen et de son consensus national, tout en garantissant l’unité de l’État libyen, sa souveraineté et son intégrité territoriale ».
Les participants ont également réaffirmé « la position constante de leurs pays, qui rejettent catégoriquement toute forme d’ingérence étrangère dans les affaires libyennes », estimant que celle-ci a constitué l’une des principales causes de la prolongation de la crise et de l’aggravation des divergences entre les parties libyennes. Ils ont souligné « la nécessité du retrait des mercenaires, des combattants étrangers et des forces étrangères de l’ensemble du territoire libyen, de la préservation des acquis de l’accord de cessez-le-feu et de l’accélération de l’unification de toutes les institutions libyennes, y compris les institutions militaires et sécuritaires ».
Les ministres ont appelé les parties libyennes à prendre des mesures supplémentaires afin de mettre en œuvre les dispositions du cadre de dépenses unifié pour 2026, annoncé le 11 avril 2026. Ils sont convenus de « poursuivre la coordination et la concertation au sein des instances et organisations internationales et régionales, afin de contribuer au règlement de la crise libyenne ». Ils ont également souligné « l’importance du respect des principes du droit international dans tout accord, règlement ou arrangement auquel il sera parvenu ».
Yahia Bourit



