Elections locales : le grand défi démocratique
Elections locales : le grand défi démocratique
L’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) a donné récemment le coup d’envoi de la phase active de la course des prochaines élections locales. Le processus politique qui doit déboucher sur le renouvellement des Assemblées populaires communales et de wilayas est désormais lancé. Le scrutin à venir devrait, une fois encore, consacrer l’élection comme mode de désignation des responsables des institutions élues. Reste à savoir quel accueil les électeurs réserveront à cette nouvelle séquence.
Il faut le rappeler qu’hormis la parenthèse de la décennie noire, où voter relevait de l’acte de courage tant la situation sécuritaire était précaire, l’Algérie n’a jamais raté un rendez-vous avec les urnes. Certains scrutins se sont tenus sous le regard d’observateurs étrangers, d’autres non. Tous, en revanche, se sont déroulés dans le calme. Pas de rixes devant les bureaux de vote, pas d’affrontements entre partisans à l’issue d’un meeting. Cette sérénité est un acquis qu’il serait injuste de passer sous silence.
Le comportement des électeurs mérite lui aussi d’être salué. Ceux qui ont choisi de voter l’ont fait sereinement. Ceux qui ont préféré s’abstenir n’ont perturbé aucune opération, laissant les résultats parler. C’est une forme de maturité civique, qu’il faut porter au crédit des Algériens.
Cette retenue, que d’aucuns se plaisent à interpréter comme un désintérêt pour la chose politique, dit en réalité autre chose. Elle exprime le constat que l’offre politique actuelle ne satisfait pas la majorité des citoyens, et encore moins les jeunes générations. Celles-ci ne remettent pas en cause le principe de l’élection, mode moderne de désignation des responsables locaux et nationaux. C’est aux acteurs politiques qu’elles adressent leurs reproches, pour leurs insuffisances. Le message est clair, et il serait imprudent de l’ignorer.
Cela étant, le divorce ne saurait durer. Il est de l’intérêt du pays que la sphère politique et la jeunesse se retrouvent. Et le chemin ne peut aller que dans un sens, celui du politique vers le jeune. Aux partis de trouver les moyens de susciter l’intérêt des Algériens, non par les seuls discours, mais aussi par leur propre gouvernance interne. Cela suppose des efforts soutenus dans l’acte militant et de véritables démonstrations démontrant que la démocratie dans le choix des dirigeants, le renouvellement des cadres, la place réelle faite aux nouvelles générations, ne sont pas de simples opérations de ravalement de façade. Il faut qu’à la fin, le jeune se reconnaisse dans la pratique politique. Ce n’est certainement pas une mission aisée, mais c’est bien à cette condition que les urnes, demain, se rempliront d’une adhésion et non d’une simple habitude.