Le monde sens dessus dessous
Le monde sens dessus dessous
Dire que le monde est sens dessus dessous ces dernières années relève presque de l’euphémisme. Le dérèglement climatique n’y est pour rien. C’est la bêtise humaine qui fait flamber les prix, pousse des centaines d’entreprises à fermer, prive des millions de personnes de nourriture et plonge les États dans une situation absurde. Leurs dirigeants s’invectivent à coups de noms d’oiseaux et passent leur temps à mentir à leurs citoyens.
L’accumulation de ces événements donne l’impression que la planète sombre dans un désordre généralisé. Elle nourrit aussi, chez le quidam, le sentiment qu’il peut prendre part aux affaires du monde. Plus loin, en Occident, un autre homme, rivé à son écran de télévision, regarde défiler des images d’individus hystériques proférant des propos qu’on aurait peine à imaginer au 21? siècle. Il se croit alors éclairé et débat avec des amis du chômage, des relations entre l’Occident et le monde musulman. De ces discussions peut naître un meurtrier. Il passe à l’acte, tue une personne et en blesse quatre autres, à Trappes, en France. On se doute bien que le quidam de l’Occident s’est basé sur ce que lui disent les médias, un tissu d’inepties dicté par ceux qui sont à l’origine de la bêtise humaine évoqué plus haut.
Ainsi, la boucle semble bouclée. Les malheurs de notre temps se trouvent réduits à une confrontation entre les civilisations orientale et occidentale, mise en scène par des médias issus de cette dernière. L’Occident, pourtant responsable de la colonisation et impliqué dans une grande partie des guerres des deux derniers siècles, avec leurs famines, leurs bouleversements économiques et financiers et leurs génocides, semble s’en tirer à bon compte. Son écran de fumée tient notamment à ses innovations technologiques. Les décideurs occidentaux en usent, souvent jusqu’à l’excès, pour maintenir le reste du monde sous une chape dont ils prétendent détenir la clé.
On serait tenté de les croire. Mais le tour de force qu’ils imposent au reste de l’humanité tient dans leur capacité à reléguer au second plan le chômage, les maladies et la faim dans le monde. Ils s’imaginent gouverner l’humanité. En réalité, ils sont eux aussi les instruments de la bêtise humaine. Et, en cette troisième décennie du 21? siècle, celle-ci semble bien avoir pris le pouvoir. Des personnes mettent fin à leurs jours sous le poids du chômage, tandis que des milliers d’enfants palestiniens meurent de faim, presque dans l’indifférence des bien pensants de ce monde. Le malheur est partout.