EDITO

A qui profite le crime ?

Difficile de suivre le président américain, Donald Trump, dans ses déclarations. L’homme multiplie les sorties médiatiques et veut imposer son narratif de guerre, mais en brouillant les pistes, donnant parfois même l’impression de développer un récit bien loin de la réalité. Entre arrogance, désinformation, narcissisme, contradictions et autres lubies, mais aussi certaines vérités, le président américain se laisse aller dans des analyses que de moins en moins de monde arrive à décoder. Mais lui, il s’adresse d’abord à sa base qui est dans sa majorité contre cette guerre, et qu’il faut bien tranquilliser quitte à avoir un récit très peu fiable et cohérent, comme le fait de se targuer d’avoir son mot à dire dans le choix du nouveau guide de la République islamique, alors que le guide était déjà choisi par le collège religieux iranien.
Mais au fond des choses et malgré l’assurance et la suprématie qu’il veut mettre en avant, on décèle chez l’homme une inquiétude palpable, celle de voir cette guerre s’installer dans le temps et causer des pertes humaines encore plus importantes que les six soldats américains déjà tués.
Il faut dire que Trump a cédé face à l’insistance et à la ruse de Benyamin Netanyahou, et a décidé d’engager son pays dans une guerre que tous les présidents américains, avant lui, avaient refusé d’engager, malgré l’insistance du chef de l’entité sioniste. Et ce dernier profite de cette brèche que lui permet le soutien de la première puissance mondiale pour régler tous ses comptes. Et c’est dans cet esprit qu’il a engagé une autre agression contre le Liban, poussant des milliers de personnes à un déplacement forcé et faisant à ce jour plus de 300 morts dans ce pays qui se retrouve imposer une guerre qu’il n’a jamais sur souhaité.
Netanyahou n’a aucune intention de s’arrêter dans ce chaos qu’il a planifié, avec son cabinet de guerre, depuis des années déjà. Un comportement où le droit international est totalement ignoré et où l’ONU n’a plus aucune place ni aucune influence sur le cours des choses.
Et quelle que soit l’issue de cette guerre en Iran, l’entité sioniste continuera dans sa voie de déstabilisation de la région jusqu’à atteindre tous ses objectifs, en remodelant de fond en comble la carte actuelle de la région. Israël veut s’imposer comme la seule puissance dans la région et croit que ce grand chamboulement lui permettra d’imposer son diktat et sa logique et lui assurera à jamais une sécurité derrière laquelle il court depuis toujours. Mais c’est là de bien faux calculs, car la sécurité ne peut venir que d’une paix juste dont le socle fondamental est d’accepter la solution à deux États, avec ce droit du peuple palestinien à avoir un État indépendant et souverain.

Par Abdelmadjid Blidi

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