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Algérie-France : la voie qu’il faut suivre

L’histoire entre l’Algérie et la France est profondément marquée par une proximité géographique et un brassage humain exceptionnel. Deux nations liées par la géographie, mais aussi par des liens historiques, culturels et migratoires qui ont façonné leurs sociétés respectives. Aucun des deux pays ne peut se permettre de couper ces liens, qui constituent une richesse inestimable pour leur développement mutuel.

Aujourd’hui, il est évident que l’Algérie et la France sont condamnées à s’entendre. La coopération, l’échange culturel, économique et politique doivent prévaloir pour bâtir un avenir commun apaisé. Cependant, cette harmonie reste fragile, car elle est souvent freinée par la mauvaise gestion de la mémoire par une France qui refuse encore de prendre conscience que le refus de reconnaître ses responsabilités dans la colonisation et la guerre d’Algérie alimente un climat politique vicieux, dont profite l’extrême droite. A telle enseigne d’ailleurs qu’elle fait du discours anti-Algérie un thème de campagne électorale. Il est important, et Ségolène Royal l’a bien compris, que la mémoire soit un socle essentiel pour construire la paix et la réconciliation. La France des institutions et du peuple doit faire preuve de courage et d’honnêteté pour dépasser les entraves que mettent les partisans de la colonisation sur la voie du rapprochement avec l’Algérie des institutions et du peuple.

La quête mémorielle de l’Algérie est légitime. Elle représente la recherche de justice, de reconnaissance et de respect pour un peuple qui a subi des violences et des traumatismes profonds. La France, en tant qu’ancienne puissance coloniale, a le devoir moral de reconnaître les crimes contre l’humanité commis durant la période coloniale et la guerre de libération nationale. Cela ne doit pas être perçu comme une faiblesse, mais comme une étape essentielle pour instaurer un climat de confiance.

Le véritable enjeu du moment est de dépasser les passions et les démons du passé pour construire une relation basée sur le respect mutuel et la compréhension. Cela nécessite un dialogue sincère, sans passions ni rancœurs, où la France accepte de faire face à ses responsabilités. La construction de relations sereines ne doit pas être une simple idéalisation, mais un objectif concret, soutenu par des gestes politiques et humains.

L’Algérie et la France ont tout à gagner à dépasser leurs différends pour bâtir un partenariat solide, équilibré et respectueux. La paix, la stabilité et la prospérité dans la méditerranée occidentale en ont besoin. Il est temps de faire preuve de maturité, de courage et de lucidité pour ouvrir une nouvelle page, celle d’un avenir commun apaisé, fondé sur la vérité, la justice et la réconciliation. Ces deux derniers jours, à Alger, Mme Royal a montré la voie que la France doit suivre…

Par Nabil.G

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