Aménagements et préservation des zones humides du lac Télamine et de la Sebkha d’Oran
La journée mondiale des zones humides à été marquée la semaine dernière par une opération de sensibilisation et d’animation organisée par la Conservation des forêts de la wilaya d’Oran au niveau de la zone humide du lac Télamine. Une action visant, comme chaque année, à afficher l’engagement des pouvoirs publics pour la préservation du patrimoine naturel et de la biodiversité. La Journée mondiale des zones humides, célébrée le 2 février de chaque année, revêt une grande importance car elle a pour premier objectif de rappeler le rôle vital des zones humides en matière d’écologie, d’environnement et de protection des ressources en eau.
La journée d’animation organisée au lac Télamine avec la participation de plusieurs acteurs associatifs et institutionnels dont la gendarmerie nationale, les douanes, la commune de Benfréha, la direction de l’environnement et l’Agence nationale de préservation du littoral, les services des ressources en eau, ainsi que des élèves de la commune, a permit de présenter un programme assez riche comprenant des présentations des zones humides existantes dans la wilaya, exposé sur le projet d’aménagement du lac Télamine, ainsi qu’une conférence pédagogique destinée aux élèves sur les techniques de recensement des oiseaux migrateurs.
Des brochures de sensibilisation et de vulgarisation ont également été distribuées et une action symbolique de plantation au niveau du site a été organisée. Cette initiative de la Conservation des forêts de la wilaya d’Oran reste évidemment à soutenir et à applaudir tant elle a le mérite de vouloir affirmer la volonté d’engagement à protéger les écosystèmes menacés et à forger dans la conscience collective la culture de la préservation des écosystèmes et des valeurs environnementales.
Un défi devenu majeur et décisif face à la situation actuelle des zones humides dans la wilaya d’Oran. On sait que la wilaya d’Oran compte plusieurs zones humides naturelles, dont certaines sont classées au titre de la «Convention de Ramsar sur la protection internationale des zones classées». Ces milieux naturels sont essentiels pour l’habitat d’espèces d’oiseaux migrateurs, la régulation hydrologique et les services écologiques tels que les filtrations et les refuges biologiques. Il est utile de rappeler que les sites des zones humides à Oran, inscrits sur la liste Ramsar et donc d’importance mondiale, sont la Grande Sebkha, une très vaste zone saline incluant Daïa morsli, plus connue sous le nom du «ptit lac» d’Oran, la Macta, un marais à cheval avec les wilayas de Mascara et Mostaganem, les Salines d’Arzew, une zone saline littorale importante pour les oiseaux migrateurs, et le célèbre Lac Télamine, un lac saumâtre, inscrit depuis quelque temps dans un projet d’aménagement durable. D’autres zones humides non classées mondialement existent également telles que, Dhayet Sidi Chahmi et Dhayat Oum El Rhelaz.
Mais malgré leur statut de zones à protéger, ces zones humides n’ont pas cessé depuis des lustres et jusqu’à ces cinq dernières années de subir des dégradations causées par l’urbanisation et la pollution urbaine, notamment les rejets d’eaux usées ou non totalement traitées comme c’est le cas à la Sebkha, la pollutions industrielles qui altèrent la qualité de l’eau et des sols, les pressions agricoles par le pâturage, qui fragilisent les végétations naturelles et les déchets sauvages et dépôts illégaux. Fort heureusement, depuis ces cinq six dernières années, des actions et des projets d’aménagement et de préservation ont été engagés, notamment sur le site de la zone humide du lac Télamine et à la Sebkha d’Oran afin d’éliminer les tares et les fléaux qui nuisent considérablement à la biodiversité de ces sites écologiques classés.
Par S.Benali