Ecoles primaires : que peut apporter le nouveau transfert de la gestion ?
En visite à Oran il y a quelques jours, le ministre de l’éducation nationale avait sévèrement dénoncé les défaillances persistantes dans la communication entre les directions de l’éducation et les chefs d’établissements. Au détour de la première conférence nationale des directeurs d’établissements scolaires, il avait appelé à une coordination rigoureuse et continue, condition a-t-il dit, «d’un pilotage efficace du secteur». Intervenant sur le thème « Le leadership éducatif efficace », le ministre a jugé « inadmissible » qu’un responsable d’établissement soit contraint «de recourir à des intermédiaires pour entrer en contact avec sa tutelle».
A cet effet, il a demandé aux directeurs de l’éducation d’instaurer un cadre de dialogue organisé basé sur un système d’organisation efficace de circuits d’information sans lourdeurs et sans entraves avec toutes les équipes pédagogiques et administratives, notamment au niveau du cycle primaire. Le ministre avait également évoqué le futur achèvement de l’opération de transfert de la gestion des écoles primaires du ministère de l’intérieur vers celui de l’éducation nationale. Une réforme, qui s’inscrit dans «une démarche de réorganisation globale visant à améliorer les circuits décisionnels et à renforcer l’efficacité administrative». On sait que depuis la mise en place d’une cellule de l’hygiène et de protection de l’environnement au niveau du cabinet du wali, on a assisté à un exemple intéressant de transfert d’attributions et de responsabilité en matière de nettoyage et d’entretien et’ de maintenance du cadre du cadre urbain.
Des missions qui relèvent depuis toujours des prérogatives de la mairie. Mais les carences et insuffisances en ce domaine ont fini par motiver des changements dans l’organisation de la chaîne décisionnelle et dans les circuits d’information. Ce qui n’a pas manqué, il faut l’admettre, d’enregistrer des effets positifs sur l’entretien et l’embellissement du cadre urbain. Le transfert de la gestion des écoles primaires de la mairie vers la direction de l’éducation nationale ne signifie pas forcément que les écoles de la wilaya seront bien mieux prises en charge en matière d’entretien, de réparations et de rénovation diverses de toitures, de chauffage, et de réseaux divers.
Ce transfert de gestion des écoles vers la direction de l’éducation a sans doute accentué les préoccupations du ministre en matière de communication et de circuit d’information, car en plus du volet pédagogique va s’ajouter le domaine sensible et épineux de la gestion de l’état des lieux des infrastructures scolaires. Si ce transfert peut assurer une gestion plus centralisée et théoriquement plus professionnelle, des procédures plus homogènes, et une meilleure planification des rénovations lourdes, le risque serait d’éloigner le problème du terrain, que les petites réparations deviennent plus longues à traiter. Une fuite, un chauffage en panne, une toiture abîmée pourraient se perdre dans de lourds circuits administratifs.
On sait que les grandes contraintes et défaillances dans la gestion matérielle des écoles restent liées au manque de suivi rigoureux des travaux, aux budgets consommés sans grand contrôle de qualité, au déficit en entreprises qualifiées et rigoureuses, à l’entretien préventif inexistant et aux tricheries et dérives fréquentes dans la finition et la réception des travaux. Changer de gestionnaire peut-il permettre de régler automatiquement toutes ces failles structurelles ? Le vrai problème n’est peut-être pas de savoir “qui gère”, mais plutôt “comment on gère”.
Par S.Benali