Et maintenant ?
Après une guerre où les objectifs étaient au mieux opaques, voilà venu le temps des pourparlers dont les contours, là aussi, ne sont pas des plus clairs. Il faut dire que jusqu’à la dernière minute on se demandait déjà si ces négociations auraient lieu et qui mènera les délégations du côté américain comme iranien. La fin en queue de poisson de cette rencontre n’a fait que confirmer les appréhensions exprimées par plusieurs cercles.
Pourtant à l’entame des négociations, le flou a été levé et la rencontre avait bien commencé dans la capitale pakistanaise, Islamabad. La délégation américaine est dirigée par le vice président JD Vance, alors que les préférés négociateurs de Donald Trump à savoir Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre du président , ont été en arrière plan, après le fiasco des premiers pourparlers d’avant la guerre, où ils n’ont rien saisi des nuances diplomatiques et des détails posés par la délégation iranienne menée par le ministre des Affaires étrangères iranien . Un échec cuisant qui a précipité les choses et qui s’est terminé dans le fracas des bombes. La délégation iranienne est, elle, menée par le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, que les médias occidentaux présentent comme un dur, proche des Gardiens de la révolution, qui était accompagné du ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi.
Peu d’informations sont sorties de ces premiers contacts, ni le procédé choisi, même si des sources avancent que les choses sont entrées dans le vif du sujet. A croire ces fuites, réelles ou simples leurres, ces débuts de pourparlers ont tourné autour des sanctions contre Téhéran, la situation au Liban soumis à des frappes barbares des sionistes, et bien sûr la réouverture du détroit d’Ormuz qui est devenu la première obsession du président américain, Donald Trump.
Mais on sait que d’autres dossiers intéressent au plus haut point les deux parties, à savoir le programme nucléaire iranien mais aussi l’exigence de Téhéran des dédommagements subis par le pays à cause de la guerre des 40 jours.
Et alors que l’on attendait un avancement même minime, le vice-président américain est sorti hier matin pour dire que les négociations ont échoué, imputant la faute au côté iranien qui n’a rien voulu céder sur le dossier nucléaire. Les Iraniens eux ont accusé les Américains de l’échec à cause de leurs exigences exagérées. Dans ce flou, la question centrale qui reste posée, c’est l’avenir du cessez-le-feu. Pourra-t-il tenir encore pendant ces 15 jours, ou volera-t-il en éclat avec tout ce que cela comprendra comme d’autres malheurs pour une région déjà exténuée par tant de guerres et d’instabilité. Le détroit d’Ormuz et son contrôle sera, à coup sûr, le baromètre des prochains développements de cette guerre.
Par Abdelmadjid Blidi