Evênement

France : des indicateurs économique dans le rouge, sur fond d’un recul géopoltique historique

Déficit public très élevé, endettement en constante hausse, une croissance économique qui s’essouffle, perte de compétitivité à l’international: l’économie française fait face à plusieurs déséquilibres structurels qui limitent gravement ses marges de manœuvre, signe d’une dégradation sans précédent de la situation économique du pays.

L’économie française se trouve ainsi enlisée par une stagnation économique jamais vue et qui devient structurelle, alimentée surtout par la dette publique et un déficit budgétaire record. Résultat: le pays perd ses atouts de productivité, d’investissement, d’innovation, et de compétitivité industrielle, avec toutes les conséquences sur le front social, ce qui augure d’une crise multidimensionnelle faite de tensions sociales et crises politiques, soulignent des experts. Sur le front des finances publiques, le déficit reste le principal point de vulnérabilité. Selon des données récentes, le déficit public s’est établi à 5,1% du PIB en 2025, soit largement supérieur à la limite de 3% fixée par les règles européennes. Dans le même temps, les dépenses publiques continuent de grever le budget du pays et ont atteint 57,2% du PIB en 2025, contre 52,1% pour les recettes. Les données récentes sont plus que révélatrices: Le niveau d’endettement du pays continuera de se creuser pour atteindre 119,3% du produit intérieur brut (PIB) en 2026 et 121,7% en 2027. Ces niveaux d’endettement sont au plus haut depuis 1995, selon des données de l’Institut national de la statistique (Insee). En 2025, la dette représentait 115,6% de la richesse nationale créée.

Les perspectives demeurent insurmontables pour de nombreuses institutions et organismes, dont la Commission européenne qui prévoit une croissance de seulement 0,8% en 2026, tandis que le déficit devrait rester à 5,1% du PIB. Il pourrait atteindre 5,7% en 2027, avec une dette dépassant alors 120% du PIB. Au-delà des finances publiques, la question de la compétitivité constitue un autre défi majeur. La faiblesse relative de la croissance française est notamment liée aux performances de productivité, au niveau d’emploi et à la capacité de l’économie à développer suffisamment ses activités exportatrices. Sur la dernière décennie, le déficit commercial français a représenté en moyenne 3,8% du PIB, selon l’OCDE, principalement en raison du déficit du secteur manufacturier.

La désindustrialisation constitue précisément l’un des symptômes de cette perte de compétitivité. Fin 2025, l’industrie manufacturière ne représentait plus que 11,2% de la valeur ajoutée et 9,1% de l’emploi salarié en France, contre respectivement environ 15% et 13% en moyenne dans les pays de l’OCDE. L’OCDE estime ainsi qu’environ 80% du recul de la part manufacturière depuis 1995 s’explique par des facteurs structurels. La tendance s’est par ailleurs stabilisée depuis 2018, avec plus de 450 sites industriels créés net depuis 2022 selon le Baromètre industriel de l’Etat cité par l’OCDE.

Une crise multidimensionnelle sans précédent sur fond de recul géopolitique

Même avec des secteurs très orientés vers l’export, notamment l’aéronautique, la chimie, le luxe et la pharmacie, les performances de ces derniers ne compensent pas les déficits enregistrés dans plusieurs secteurs manufacturiers, en particulier les biens d’équipement et l’automobile. ces indicateurs dessinent un tableau économique désastreux, sur fond d’un recul géopolitique historique et la perte d’importants partenaires régionaux et européens.

Pour l’’expert et professeur en économie, Mohamed Achir, les conséquences de tels indicateurs sont d’abord sociales. «La préparation de la loi de finances pour 2027 prévoit déjà de répercuter la situation de la crise des finances publiques sur le pouvoir d’achat des retraités, étant donné qu’ils discutent de la suppression de l’abattement fiscal de 10% pour les retraités, ce qui va aggraver encore leur pouvoir d’achat», a-t-il expliqué.

Outre la spirale d’endettement, il y a aussi la hausse des taxes et des impôts ce qui va freiner encore davantage la croissance économique et l’investissement dans le pays, qui se retrouve «dans un cercle vicieux de l’économie: Hausse de l’endettement, hausse de la fiscalité imposée aux entreprises, réduction des transferts sociaux. C’est une situation de crise à la fois financière, sociale et économique». En plus des risques d’inflation qui guète l’économie, notamment dans le sillage de la hausse du prix du carburant, la France, relève M. Achir, est déjà installée dans un cycle de crise financière et économique et le pouvoir en place est incapable de trouver de solution, si ce n’est les coupes budgétaires, qui vont provoquer encore des malaises sociaux dans un proche avenir.

«Donc, la situation est extrêmement difficile pour la France actuellement. Surtout que le pays importe encore plus cher avec les taxes, même en termes d’exportation vers les Etats-Unis d’Amérique, le commerce extérieur de la France reste toujours déficitaire», ajoute l’expert.

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