Evênement

Législatives au Maroc : crise de confiance sur fond de tensions sociales et désintérêt électoral

Le Maroc s’achemine vers des élections législatives prévues mercredi, sur fond de défiance de la jeunesse à l’égard de la vie politique, dans un contexte marqué notamment par le chômage, les difficultés d’accès aux services essentiels et les enjeux liés à la migration irrégulière, selon plusieurs médias internationaux.

Le scrutin intervient dans un contexte de tensions liées notamment au chômage des jeunes et à leur faible implication dans le processus électoral, ainsi qu’aux critiques visant les performances des partis politiques et aux revendications portant sur l’emploi et l’accès aux services de base.

Cette situation intervient également dans un contexte marqué par les répercussions des tentatives de franchissement collectif vers Ceuta et par des tensions sécuritaires aux frontières avec l’Espagne. A ce propos, l’agence Associated Press (AP) a relevé que les difficultés rencontrées par les jeunes marocains pour accéder à l’emploi et aux opportunités figuraient parmi les facteurs ayant alimenté les manifestations menées par des jeunes l’année dernière, parallèlement à une vague de migration clandestine vers la ville espagnole de Ceuta durant l’été. Selon la même source, le taux de chômage au Maroc s’est établi à 13% en 2025, contre 37% chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans. L’agence souligne également que les revendications des jeunes marocains portent principalement sur l’emploi, la possibilité de mener une vie décente et l’accès à des écoles, des hôpitaux et des infrastructures fonctionnelles, plutôt que sur des divergences idéologiques.

Dans ce contexte, le quotidien espagnol «El Espanol» estime que le mécontentement des jeunes et la crise liée à Ceuta, qui aurait vu plus de 70.000 personnes entrer illégalement dans la ville les 30 et 31 juillet derniers, pourraient contribuer à une hausse de l’abstention lors des élections.

Le journal indique, par ailleurs, que les jeunes âgés de 18 à 24 ans ne représentent que 3% des inscrits sur les listes électorales.

De son côté, la chaîne espagnole «Canal Sur» a fait état d’appels lancés sur les réseaux sociaux pour organiser une nouvelle tentative de franchissement collectif vers Ceuta le 23 septembre, correspondant au jour du scrutin, faisant état d’un groupe baptisé «Migration collective vers Ceuta» qui compterait plus de 91.000 jeunes Marocains. La chaîne précise que l’ambassade d’Espagne à Rabat avait informé le gouvernement espagnol d’une «éventuelle» tentative de franchissement collectif de migrants marocains vers Ceuta mercredi prochain, coïncidant avec les élections législatives au Maroc, selon des informations rapportées par le quotidien espagnol «El Confidencial», citant des sources de la présidence du gouvernement espagnol.

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