Oran Aujourd'hui
La prévention contre les inondations est une responsabilité partagée…
La prévention contre les inondations est une responsabilité partagée…
À l’approche de la saison des pluies, la Société de l’eau et de l’assainissement d’Oran (SEOR) a choisi de placer la prévention au cœur de son action. À travers une campagne de sensibilisation, elle rappelle avec justesse que la lutte contre les inondations ne commence pas lorsque les premières gouttes tombent, mais bien plusieurs semaines auparavant, par un entretien rigoureux des réseaux d’assainissement et de drainage des eaux pluviales. Les recommandations sont simples : ne pas jeter les déchets dans les avaloirs, maintenir les caniveaux dégagés et préserver les ouvrages d’évacuation. Des gestes élémentaires qui, pourtant, conditionnent souvent la capacité d’une ville à faire face aux fortes précipitations.
Car il ne faut pas être ingénieur en hydraulicien pour comprendre qu’un avaloir obstrué par des sacs en plastique, des gravats ou des détritus ménagers devient rapidement un point de rupture. Lorsque les pluies s’intensifient, l’eau ne trouve plus son chemin naturel. Elle envahit alors les chaussées, s’infiltre même dans les habitations, paralyse la circulation et transforme les rues en véritables torrents. Chaque automne, ce scénario se répète avec une régularité désarmante. Oran en a malheureusement fait l’expérience à plusieurs reprises. Les habitants des quartiers de Sidi El Bachir, Es-Sénia, El Kerma, Misserghine, Aïn El Beïda ou encore de certaines zones basses de Bir El Djir gardent en mémoire des épisodes où les chaussées furent totalement submergées après quelques heures seulement de pluie. Ces situations rappellent que l’inondation n’est pas toujours la conséquence d’un phénomène météorologique exceptionnel ; elle est souvent le révélateur des fragilités accumulées dans la gestion quotidienne du cadre bâti de la ville.
Il serait toutefois injuste d’ignorer les efforts actuellement engagés et dictés par les autorités locales. Depuis plusieurs mois, les opérations de nettoiement, de curage des avaloirs, de réhabilitation des collecteurs et de désobstruction des réseaux se multiplient dans les différentes communes de la wilaya. Les inspections de terrain se sont intensifiées et les interventions sont désormais mieux coordonnées entre les communes, la SEOR, les services des travaux publics et ceux de la protection civile. Cette démarche traduit une volonté réelle de rétablir progressivement l’ordre urbain et de replacer la maintenance préventive au cœur de la gestion publique. Mais la réalité du terrain montre également que beaucoup reste à accomplir. Trop souvent, les campagnes de curage demeurent ponctuelles, concentrées à l’approche de la saison des pluies, alors qu’elles devraient s’inscrire dans un programme permanent. Certains avaloirs sont nettoyés tandis que d’autres restent obstrués durant des mois. Des caniveaux récemment curés retrouvent quelques semaines plus tard leur état initial, faute de suivi ou parce que les comportements inciviques persistent. Dans plusieurs quartiers périphériques, les dépôts sauvages de gravats et d’ordures continuent d’obstruer les fossés d’évacuation, réduisant considérablement leur efficacité.
Ces dysfonctionnements traduisent aussi les difficultés d’une gouvernance urbaine locale encore confrontée aux cloisonnements administratifs. La responsabilité de l’entretien des réseaux est souvent partagée entre plusieurs intervenants dont les actions ne sont pas toujours suffisamment coordonnées. Pendant ce temps, l’urbanisation continue de progresser, les surfaces imperméabilisées s’étendent et les volumes d’eaux de ruissellement augmentent sans que les infrastructures suivent toujours le même rythme.
Au-delà des équipements, c’est toute une culture de la maintenance qui mérite d’être consolidée.
La responsabilité citoyenne demeure également un maillon essentiel de cette chaîne. Il est paradoxal de voir certains habitants réclamer des interventions urgentes après les inondations tout en continuant à jeter des déchets dans les caniveaux ou à transformer les avaloirs en dépotoirs improvisés. Aucune politique publique, aussi ambitieuse soit-elle, ne pourra produire tous ses effets sans une véritable adhésion des citoyens aux règles élémentaires de propreté urbaine.
La campagne de la SEOR arrive donc à point nommé. Elle rappelle que la prévention est une responsabilité partagée. Les pouvoirs publics doivent poursuivre leurs efforts avec davantage de régularité, de rigueur et de coordination.
Les collectivités locales doivent inscrire la maintenance des réseaux dans une programmation permanente et non saisonnière. Quant aux citoyens, ils doivent comprendre que chaque geste compte dans la protection de leur propre cadre de vie.
Car il ne faut pas être ingénieur en hydraulicien pour comprendre qu’un avaloir obstrué par des sacs en plastique, des gravats ou des détritus ménagers devient rapidement un point de rupture. Lorsque les pluies s’intensifient, l’eau ne trouve plus son chemin naturel. Elle envahit alors les chaussées, s’infiltre même dans les habitations, paralyse la circulation et transforme les rues en véritables torrents. Chaque automne, ce scénario se répète avec une régularité désarmante. Oran en a malheureusement fait l’expérience à plusieurs reprises. Les habitants des quartiers de Sidi El Bachir, Es-Sénia, El Kerma, Misserghine, Aïn El Beïda ou encore de certaines zones basses de Bir El Djir gardent en mémoire des épisodes où les chaussées furent totalement submergées après quelques heures seulement de pluie. Ces situations rappellent que l’inondation n’est pas toujours la conséquence d’un phénomène météorologique exceptionnel ; elle est souvent le révélateur des fragilités accumulées dans la gestion quotidienne du cadre bâti de la ville.
Il serait toutefois injuste d’ignorer les efforts actuellement engagés et dictés par les autorités locales. Depuis plusieurs mois, les opérations de nettoiement, de curage des avaloirs, de réhabilitation des collecteurs et de désobstruction des réseaux se multiplient dans les différentes communes de la wilaya. Les inspections de terrain se sont intensifiées et les interventions sont désormais mieux coordonnées entre les communes, la SEOR, les services des travaux publics et ceux de la protection civile. Cette démarche traduit une volonté réelle de rétablir progressivement l’ordre urbain et de replacer la maintenance préventive au cœur de la gestion publique. Mais la réalité du terrain montre également que beaucoup reste à accomplir. Trop souvent, les campagnes de curage demeurent ponctuelles, concentrées à l’approche de la saison des pluies, alors qu’elles devraient s’inscrire dans un programme permanent. Certains avaloirs sont nettoyés tandis que d’autres restent obstrués durant des mois. Des caniveaux récemment curés retrouvent quelques semaines plus tard leur état initial, faute de suivi ou parce que les comportements inciviques persistent. Dans plusieurs quartiers périphériques, les dépôts sauvages de gravats et d’ordures continuent d’obstruer les fossés d’évacuation, réduisant considérablement leur efficacité.
Ces dysfonctionnements traduisent aussi les difficultés d’une gouvernance urbaine locale encore confrontée aux cloisonnements administratifs. La responsabilité de l’entretien des réseaux est souvent partagée entre plusieurs intervenants dont les actions ne sont pas toujours suffisamment coordonnées. Pendant ce temps, l’urbanisation continue de progresser, les surfaces imperméabilisées s’étendent et les volumes d’eaux de ruissellement augmentent sans que les infrastructures suivent toujours le même rythme.
Au-delà des équipements, c’est toute une culture de la maintenance qui mérite d’être consolidée.
La responsabilité citoyenne demeure également un maillon essentiel de cette chaîne. Il est paradoxal de voir certains habitants réclamer des interventions urgentes après les inondations tout en continuant à jeter des déchets dans les caniveaux ou à transformer les avaloirs en dépotoirs improvisés. Aucune politique publique, aussi ambitieuse soit-elle, ne pourra produire tous ses effets sans une véritable adhésion des citoyens aux règles élémentaires de propreté urbaine.
La campagne de la SEOR arrive donc à point nommé. Elle rappelle que la prévention est une responsabilité partagée. Les pouvoirs publics doivent poursuivre leurs efforts avec davantage de régularité, de rigueur et de coordination.
Les collectivités locales doivent inscrire la maintenance des réseaux dans une programmation permanente et non saisonnière. Quant aux citoyens, ils doivent comprendre que chaque geste compte dans la protection de leur propre cadre de vie.
— Par S.Benali