Oran

Mers El-Kébir : le chantier de la station d’épuration passé au crible

À l’approche de la saison des pluies, la gestion des eaux usées et pluviales revient au premier plan. Le projet de réalisation d’une station d’épuration à Mers El-Kébir concentre particulièrement l’attention des autorités locales, après avoir enregistré un retard jugé préoccupant.

Lancé en décembre 2025 sous la maîtrise d’ouvrage de l’Office national de l’assainissement (ONA), le chantier n’affiche actuellement qu’un taux d’avancement de 10 %. Une situation qui a suscité la colère du wali d’Oran, Brahim Ouchene, lors de sa visite sur site. L’enjeu dépasse largement celui d’un simple chantier d’infrastructure.

La future station doit mettre fin aux rejets directs d’eaux usées vers le littoral de Mers El-Kébir, en assurant la collecte, le traitement et la valorisation des eaux issues notamment des réseaux d’assainissement, des activités et des précipitations. Une fois épurées, ces eaux pourront être destinées à différents usages, notamment l’irrigation agricole, réduisant ainsi la pression exercée sur les ressources hydriques conventionnelles. La mise en service de l’installation constitue également un impératif environnemental. Les rejets actuels fragilisent l’écosystème marin, avec des conséquences potentielles sur la qualité des eaux, la biodiversité et les ressources halieutiques. Leur suppression devrait, en outre, limiter les risques sanitaires liés à la présence de germes et de virus dans les eaux usées déversées sur le littoral. Parallèlement, plusieurs opérations sont menées pour sécuriser les réseaux avant les prochaines intempéries.

Au centre d’Oran, les travaux de réhabilitation des réseaux d’assainissement et d’évacuation des eaux pluviales de la rue des Sœurs Ben Slimane sont réalisés à 85 %. Leur achèvement doit notamment contribuer à mettre un terme aux remontées d’eaux souterraines affectant les sous-sols de plusieurs bâtiments, dont ceux de la Direction des impôts et de Sonelgaz.

À Misserghine, le wali a également inspecté la station de pompage et le réservoir du pôle urbain Ahmed-Zabana. D’une capacité de 1 000 m³ et culminant à 42 mètres, l’ouvrage est achevé. Les essais doivent désormais être finalisés avant sa mise en service, afin de renforcer la pression du réseau et d’améliorer l’alimentation en eau potable des immeubles élevés. Cette dynamique s’inscrit dans un programme plus vaste.

À Gdyel, une station d’épuration d’une capacité annoncée de 50 000 m³ par jour doit contribuer à préserver le lac de Telamine des rejets polluants.

À Oued Tlélat, une autre infrastructure vise notamment la protection du lac Oum Ghilas et la réduction des déversements d’eaux usées dans l’oued.

À travers ces projets, Oran entend renforcer simultanément l’assainissement, la protection de l’environnement et la réutilisation des eaux traitées.

Mohamed Aissaoui

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