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Conséquence du conflit au Proche-Orient : le pétrole à plus de 108 dollars

Le pétrole algérien se négocie à un niveau supérieur à la moyenne des cours sur la bourse de Londres. De fait, l’Algérie bénéficie d’un effet multiplicateur positif sur ses recettes, ses capacités d’investissement et son équilibre extérieur.

Poussés par une situation géopolitique explosive au Proche-Orient, les cours du pétrole étaient, hier, en forte hausse. Les marchés ont enregistré des gains notables. Le Brent de la mer du Nord, livraison novembre, s’est hissé à plus de 108 dollars le baril, en progression de près de 4%. Le pétrole algérien se négocie à un niveau supérieur à la moyenne des cours sur la bourse de Londres. De fait, l’Algérie bénéficie d’un effet multiplicateur positif sur ses recettes, ses capacités d’investissement et son équilibre extérieur.

Cette hausse se traduit par un accroissement direct des revenus pétroliers. Engagé dans un processus de diversification économique, cette manne supplémentaire consécutive à la hausse des prix du pétrole garantit une marge budgétaire et par voie de conséquence, une meilleure capacité de financement des projets d’investissements publics. Ainsi, les gigantesques chantiers de la ligne minière de l’est, la voie ferrée Alger-Tamanrasset, le développement des trois gisements intégrés, de fer, de phosphate et de zinc, ainsi que d’autres projets ne connaîtront aucun souci de financement sur les trois prochaines années, expliquent les observateurs, se basant sur le gap important entre le prix de référence du pétrole dans la loi des finances 2026 et les prix actuels du marché. Le différentiel de plus de 30 dollars en moyenne suffit, estime-t-on, à combler les déficits annoncés au début de l’année et met les finances du pays à l’abri d’un séisme pour les deux prochaines années, même en cas de baisse des prix jusqu’ à 60 dollars.

Le surcroît de recettes pétrolières peut ouvrir des perspectives très intéressantes et permet d’accélérer le processus de diversification de l’économie dans secteurs identifiés comme prioritaires par les autorités centrales du pays. La transition énergétique en est l’un des plus importants, au regard des projets structurants, à l’image de l’hydrogène, dont le fonctionnement a besoin de l’électricité d’origine solaire. Autrement dit, le pays peut accélérer des projets en cours, réduire les risques de retards budgétaires et accroître les capacités d’absorption des fonds. Cette dynamique est particulièrement utile pour soutenir les plans de diversification économique, qui requièrent des investissements importants sur le moyen et le long terme.

La perspective est aussi intéressante du point de vue macroéconomique. En effet, il faut savoir que la hausse du pétrole peut favoriser l’emploi dans les secteurs directement liés à l’industrie pétrolière et à la logistique associée. L’augmentation des exportations et des activités liées à l’extraction, au traitement et au transport du pétrole stimule les chaînes de valeur locales, crée des postes et dynamise l’offre de services. Cette dynamique peut avoir un effet d’entraînement sur les secteurs non pétroliers, en stimulant la demande intérieure et en renforçant la confiance des acteurs économiques.

Bien entendu, il faut garder à l’esprit que la volatilité des cours du pétrole demeure une réalité. Une gestion prudente passe par une gouvernance fiscale rigoureuse, des mécanismes de stabilisation budgétaire et une continuité des réformes économiques et financières, en cours depuis quelques années déjà. Mais dans le cadre actuel, la flambée des cours offre à l’Algérie une fenêtre d’opportunité pour financer les projets en cours et viser des excédents plus soutenus dans son commerce extérieur. En somme, cette conjoncture peut devenir un levier majeur pour accélérer le développement et renforcer la résilience économique du pays.

Anissa Mesdouf

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