Oran Aujourd'hui
Mers El Kébir : le défi des réseaux routiers de proximité
Mers El Kébir : le défi des réseaux routiers de proximité
Une route n’est pas simplement un ruban d’asphalte. Elle est une promesse de mobilité, un facteur de développement, un trait d’union entre des quartiers, des communes, des villes et des citoyens. Lorsqu’elle s’interrompt brutalement, lorsqu’un projet s’enlise ou qu’un réseau demeure inachevé, c’est toute une dynamique de développement qui ralentit. A Oran comme dans plusieurs communes de la wilaya, l’histoire de certains projets routiers illustre parfaitement cette réalité.
La mise en service, en juin 2018, de la voie de contournement de Mers El Kébir, reliant la RN 2 à la Corniche supérieure par un tracé surplombant la ville côtière, avait pourtant suscité de nombreux espoirs. Cette infrastructure devait désengorger la célèbre route de la Corniche, particulièrement saturée durant la saison estivale, tout en constituant la première étape d’un véritable réseau routier local appelé à desservir les hauteurs de la commune. Le projet envisageait notamment une connexion au niveau de la base navale de La Marsa, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives d’aménagement urbain. Mais l’élan initial s’est progressivement essoufflé. Les extensions annoncées sont restées à l’état d’intention, laissant derrière elles des pistes inachevées, des accès improvisés et une succession de chemins difficilement praticables. Pour les habitants des zones concernés, la mobilité quotidienne est vite devenue un exercice de patience, voire de prise de risque. Les longs détours imposés et les raccourcis empruntés à travers des pistes informelles témoignent moins d’un manque de civisme que de l’absence d’alternatives crédibles. Fort heureusement, ces derniers mois semblent marquer un changement de rythme. Les autorités locales ont replacé ce dossier parmi leurs priorités en engageant de nouvelles opérations destinées à réhabiliter ces dessertes routières, à améliorer leur praticabilité et à reconnecter des secteurs longtemps restés en marge des grands aménagements. Cette volonté s’inscrit dans une démarche plus globale impulsée par le wali d’Oran, qui multiplie les instructions en faveur de la qualité du cadre de vie, de la mobilité et d’une meilleure cohérence des projets d’infrastructures.
Cette évolution mérite d’être saluée. Elle traduit une conception plus exigeante de l’action publique, où l’on ne se contente plus d’inaugurer des ouvrages, mais où l’on cherche également à assurer leur continuité, leur fonctionnalité et leur intégration dans un schéma urbain cohérent.
Cependant, il serait prématuré de considérer que toutes les difficultés appartiennent désormais au passé. Les retards accumulés durant plusieurs années continuent de produire leurs effets. Dans plusieurs communes de la wilaya, des opérations d’aménagement connaissent encore des ralentissements imputables à des études incomplètes, à une coordination insuffisante entre les différents intervenants ou encore à des procédures administratives qui peinent à suivre le rythme des besoins du terrain. Il arrive également que certains projets soient lancés avant que les réseaux divers, les expropriations ou les raccordements nécessaires ne soient totalement maîtrisés, générant ainsi des interruptions coûteuses et difficilement compréhensibles pour les citoyens anonymes.
À ces contraintes techniques viennent parfois s’ajouter des réticences au changement. Les habitudes de gestion, le cloisonnement entre services et une certaine culture du traitement ponctuel des problèmes freinent encore l’émergence d’une véritable approche de planification territoriale. Or, une route ne prend tout son sens que lorsqu’elle s’inscrit dans un réseau pensé à l’échelle de l’ensemble de la commune et de son développement futur. Les citoyens ne réclament pas uniquement de nouvelles infrastructures ; ils souhaitent surtout des projets achevés, entretenus et réellement utiles.
Le cas de Mers El Kébir rappelle finalement une évidence que l’urbanisme moderne ne cesse de confirmer : la réussite d’un projet ne se mesure pas au kilomètre de route inauguré, mais à sa capacité à améliorer durablement le quotidien des habitants. Les initiatives relancées aujourd’hui constituent un signal encourageant. Encore faudra-t-il maintenir cet élan, renforcer la coordination entre les différents acteurs et inscrire ces aménagements dans une vision globale du territoire. Le développement d’une wilaya ne progresse pas uniquement au rythme des grands projets emblématiques. Il avance aussi, et peut-être surtout, par l’achèvement de ces liaisons de proximité qui rapprochent les citoyens de leurs lieux de vie, de travail et de services.
La mise en service, en juin 2018, de la voie de contournement de Mers El Kébir, reliant la RN 2 à la Corniche supérieure par un tracé surplombant la ville côtière, avait pourtant suscité de nombreux espoirs. Cette infrastructure devait désengorger la célèbre route de la Corniche, particulièrement saturée durant la saison estivale, tout en constituant la première étape d’un véritable réseau routier local appelé à desservir les hauteurs de la commune. Le projet envisageait notamment une connexion au niveau de la base navale de La Marsa, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives d’aménagement urbain. Mais l’élan initial s’est progressivement essoufflé. Les extensions annoncées sont restées à l’état d’intention, laissant derrière elles des pistes inachevées, des accès improvisés et une succession de chemins difficilement praticables. Pour les habitants des zones concernés, la mobilité quotidienne est vite devenue un exercice de patience, voire de prise de risque. Les longs détours imposés et les raccourcis empruntés à travers des pistes informelles témoignent moins d’un manque de civisme que de l’absence d’alternatives crédibles. Fort heureusement, ces derniers mois semblent marquer un changement de rythme. Les autorités locales ont replacé ce dossier parmi leurs priorités en engageant de nouvelles opérations destinées à réhabiliter ces dessertes routières, à améliorer leur praticabilité et à reconnecter des secteurs longtemps restés en marge des grands aménagements. Cette volonté s’inscrit dans une démarche plus globale impulsée par le wali d’Oran, qui multiplie les instructions en faveur de la qualité du cadre de vie, de la mobilité et d’une meilleure cohérence des projets d’infrastructures.
Cette évolution mérite d’être saluée. Elle traduit une conception plus exigeante de l’action publique, où l’on ne se contente plus d’inaugurer des ouvrages, mais où l’on cherche également à assurer leur continuité, leur fonctionnalité et leur intégration dans un schéma urbain cohérent.
Cependant, il serait prématuré de considérer que toutes les difficultés appartiennent désormais au passé. Les retards accumulés durant plusieurs années continuent de produire leurs effets. Dans plusieurs communes de la wilaya, des opérations d’aménagement connaissent encore des ralentissements imputables à des études incomplètes, à une coordination insuffisante entre les différents intervenants ou encore à des procédures administratives qui peinent à suivre le rythme des besoins du terrain. Il arrive également que certains projets soient lancés avant que les réseaux divers, les expropriations ou les raccordements nécessaires ne soient totalement maîtrisés, générant ainsi des interruptions coûteuses et difficilement compréhensibles pour les citoyens anonymes.
À ces contraintes techniques viennent parfois s’ajouter des réticences au changement. Les habitudes de gestion, le cloisonnement entre services et une certaine culture du traitement ponctuel des problèmes freinent encore l’émergence d’une véritable approche de planification territoriale. Or, une route ne prend tout son sens que lorsqu’elle s’inscrit dans un réseau pensé à l’échelle de l’ensemble de la commune et de son développement futur. Les citoyens ne réclament pas uniquement de nouvelles infrastructures ; ils souhaitent surtout des projets achevés, entretenus et réellement utiles.
Le cas de Mers El Kébir rappelle finalement une évidence que l’urbanisme moderne ne cesse de confirmer : la réussite d’un projet ne se mesure pas au kilomètre de route inauguré, mais à sa capacité à améliorer durablement le quotidien des habitants. Les initiatives relancées aujourd’hui constituent un signal encourageant. Encore faudra-t-il maintenir cet élan, renforcer la coordination entre les différents acteurs et inscrire ces aménagements dans une vision globale du territoire. Le développement d’une wilaya ne progresse pas uniquement au rythme des grands projets emblématiques. Il avance aussi, et peut-être surtout, par l’achèvement de ces liaisons de proximité qui rapprochent les citoyens de leurs lieux de vie, de travail et de services.
— Par S.Benali