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Un échec difficile à masquer

Un échec difficile à masquer

Trump a-t-il perdu sa guerre contre l’Iran? Difficile de répondre à cette interrogation, mais ce qui est sûr c’est qu’il ne l’a pas gagnée. Malgré toutes ses déclarations tonitruantes pendant les premiers mois de la guerre, il faut dire qu’il n’a pas convaincu gros monde, car la réalité sur le terrain était bien loin de toutes ses fausses assurances.
Et bizarrement, depuis presque un mois, il parle de moins en moins de ce conflit qui a sérieusement plombé sa deuxième année de mandat. C’est comme si le locataire de la Maison Blanche voulait faire oublier le conflit. Une façon de renouer avec une large majorité d’Américains qui a clairement désavoué cette incertaine aventure, alors qu’elle avait voté pour le magnat de l’immobilier en grande partie parce qu’il avait promis, pendant sa campagne électorale, qu’il sera le président qui n’engagera aucune nouvelle guerre, contrairement à tous ses prédécesseurs. Mais une fois en fonction, il a fait tout l’inverse de ce qu’il avait promis.
Et cela a un coût. Sa côte de popularité a connu une chute abyssale, alors que l’économie, qui était pourtant son grand cheval de bataille, n’est pas aussi prospère qu’il ne l’avait prétendu. Inflation, cherté de la vie, moins de postes d’emploi créés que ce qu’il avait promis. Tout cela a généré un certain malaise au sein d’une administration qui doit faire face aux très prochaines élections de mi-mandat dans la plus mauvaise posture qui soit.
Pris à son propre piège et manquant manifestement de temps, Trump a changé de stratégie et fait sortir la carte économique en imposant diverses sanctions contre Téhéran et en invitant les autres pays à en faire autant, tout en menaçant les pays qui continuent de traiter économiquement avec l’Iran. Le président américain veut faire croire que sa nouvelle stratégie marche bien et que l’Iran est en train de s’effondrer, dressant un tableau économique des plus sombres.
Mais ce qui reste à retenir, c’est que Trump ne se fait plus d’illusions, lui qui claironnait au début du conflit qu’il allait renverser le régime en quelques jours et qu’il allait mettre fin au programme nucléaire de l’Iran, n’a atteint aucun de ces objectifs. Pire encore, il a lamentablement échoué à rouvrir le détroit d’Ormuz qui était le dernier de ses objectifs qui pouvait lui sauver la face.
Cette malheureuse et hasardeuse aventure a non seulement été un échec de bout en bout, mais elle a surtout laissé derrière elle toute la région du Moyen-Orient au bord d’une crise profonde et d’un avenir incertain chargé de menaces de toutes sortes.
— Par Abdelmadjid Blidi

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