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Modernisation du marché de gros : pour une organisation et une qualité de service exemplaire

Modernisation du marché de gros : pour une organisation et une qualité de service exemplaire

On sait que les marchés de gros constituent le véritable cœur battant de l’approvisionnement des villes. C’est là que transitent quotidiennement des centaines de tonnes de fruits, de légumes et de produits alimentaires qui finissent quelques heures plus tard sur les étals des marchés de proximité. Leur bon fonctionnement ne concerne donc pas uniquement les commerçants ; il conditionne directement les prix, la qualité des produits et, en définitive, le pouvoir d’achat du citoyen.
Conscientes de cet enjeu stratégique, les autorités locales ont récemment intensifié les actions visant à moderniser ces infrastructures commerciales, tout en renforçant les opérations de contrôle. Les inspections menées ces dernières semaines dans les marchés de gros de la wilaya témoignent d’une volonté de mieux réguler les circuits de distribution, de lutter contre les pratiques spéculatives et de garantir le respect des normes de stockage et de commercialisation. Parallèlement, le vaste programme de mise à niveau du marché d’El Kerma traduit une ambition plus large : faire de cette infrastructure un véritable pôle moderne de distribution et d’échanges commerciaux.
Cette démarche mérite d’être saluée. Elle traduit une nouvelle approche qui ne se limite plus à la simple surveillance des prix, mais cherche à agir sur l’ensemble de la chaîne logistique, depuis la réception des marchandises jusqu’à leur distribution. Dans un contexte où la maîtrise des coûts alimentaires demeure une préoccupation permanente, améliorer l’organisation des marchés de gros constitue une nécessité économique autant qu’un impératif social. Mais la modernisation d’un marché ne consiste pas seulement à rénover des hangars, à refaire des chaussées ou à installer de nouveaux équipements. Le véritable défi réside dans l’évolution des pratiques. Force est de constater que certains dysfonctionnements persistent encore.
Les encombrements aux heures de pointe, la circulation parfois anarchique des véhicules, l’occupation désordonnée de certains espaces, le non-respect de certaines règles d’hygiène ou encore les insuffisances dans la gestion des déchets continuent de ternir l’image d’infrastructures pourtant essentielles à l’économie locale. À cela s’ajoutent des habitudes solidement ancrées qui résistent aux nouvelles méthodes d’organisation. Certains opérateurs demeurent réticents à davantage de transparence dans les transactions commerciales ou au respect rigoureux des normes de conditionnement et de traçabilité. Or, un marché moderne ne peut fonctionner efficacement sans discipline collective ni sans adhésion de tous les intervenants. Les pouvoirs publics semblent aujourd’hui déterminés à rompre avec ces pratiques.
Les contrôles se multiplient, les inspections deviennent plus régulières et les rappels à la réglementation plus fermes. Cette présence accrue des services compétents constitue un signal positif. Elle contribue à instaurer un climat de confiance, à protéger les consommateurs et à assainir progressivement un secteur longtemps confronté à diverses dérives. Toutefois, la réussite de cette réforme dépendra aussi de la qualité de la gestion quotidienne. Un marché de gros moderne exige une maintenance permanente des équipements, une organisation rigoureuse des flux de marchandises, une gestion numérique des opérations, des services logistiques performants et un environnement irréprochable sur le plan sanitaire.
Sans cette vigilance continue, les investissements consentis risqueraient de produire des résultats limités. L’autre enjeu est économique. Un marché de gros performant permet de raccourcir les circuits de distribution, de réduire les pertes, d’améliorer la transparence des prix et, à terme, de stabiliser le marché. Il devient un véritable outil de régulation au service du consommateur comme du producteur. Oran possède aujourd’hui l’un des principaux marchés de gros du pays. Cette position privilégiée lui confère une responsabilité particulière. L’objectif ne devrait pas être uniquement de disposer d’infrastructures plus modernes, mais de bâtir un modèle de gestion exemplaire où efficacité, transparence et qualité de service avancent de concert.
— Par S.Benali

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