Oran — Habitat menaçant ruine : accélération du programme de relogement
Les autorités locales accélèrent la mise en œuvre d’un important dispositif de relogement destiné aux familles résidant dans des immeubles jugés dangereux.
Vingt et un bâtiments, identifiés comme présentant un risque élevé d’effondrement, sont désormais officiellement intégrés à une opération structurée de prise en charge, combinant évacuation progressive, cession de propriété et attribution de logements de remplacement.
Cette initiative intervient dans un contexte de renforcement des mesures de sécurité urbaine, à l’approche des festivités de l’indépendance, période durant laquelle les pouvoirs publics intensifient généralement les opérations d’assainissement du parc immobilier ancien.
Selon les services de la daïra d’Oran, ces immeubles ont été classés dans la catégorie rouge du parc immobilier dégradé, un niveau d’alerte maximal qui traduit une vulnérabilité structurelle avancée. Les expertises techniques, menées notamment avec l’appui de l’organisme national de contrôle technique de la construction, ont confirmé la gravité des désordres constatés. Les bâtiments concernés sont répartis dans plusieurs secteurs urbains anciens et densément peuplés de la ville d’Oran, notamment dans les quartiers d’En Nasr (ex Derb), Haï El Makari (ex Saint Eugène), Sidi El-Bachir (ex Plateau Michel), Hammou Boutlelis et Emir Abdelkader. Dans ces zones, plusieurs immeubles présentent des signes avancés de vétusté, fissures structurelles, affaissements partiels et fragilité des fondations. L’opération s’appuie sur un cadre juridique précis, notamment le décret exécutif n°1538 du 15 mars 2026, qui définit les modalités de prise en charge des habitants de logements insalubres ou menaçant ruine. Ce texte encadre les procédures de relogement, mais également les obligations administratives liées à la libération des biens. Dans ce cadre, une commission mixte, placée sous la supervision de la direction du logement et des services de la daïra, a multiplié les descentes sur le terrain. Ces inspections ont permis d’établir des fiches techniques détaillées pour chacun des immeubles concernés, intégrant des données sur l’état de la structure, le niveau de risque et le degré d’urgence d’intervention.
L’une des mesures centrales de cette opération concerne la procédure de cession des biens immobiliers au profit de l’État. Les occupants des immeubles concernés sont appelés à déposer un engagement formel de cession, document devant être authentifié par un notaire, condition indispensable pour accéder à un logement de remplacement. Les autorités ont fixé un délai de sept jours pour finaliser ces démarches administratives. Les habitants sont ainsi invités à se rapprocher des délégations communales dont ils dépendent afin de régulariser leur situation dans les délais impartis.
Cette phase administrative constitue un passage obligatoire dans le processus global de relogement, visant à garantir une transition encadrée entre évacuation des anciens immeubles et attribution des nouveaux logements. Sur le terrain, les opérations de recensement ont permis d’identifier une diversité de situations : certains immeubles sont encore occupés, d’autres partiellement abandonnés, tandis que quelques-uns sont déjà exploités à des fins commerciales, malgré leur état critique. Cette hétérogénéité reflète l’ampleur du phénomène de dégradation du bâti ancien dans plusieurs quartiers historiques d’Oran, où la pression démographique et le vieillissement des infrastructures ont accéléré la détérioration du cadre urbain. À travers cette opération, les autorités locales entendent non seulement prévenir les risques d’effondrement susceptibles de mettre en danger des vies humaines, mais également poursuivre une politique plus large de résorption de l’habitat précaire et de modernisation urbaine. Le lancement effectif des opérations de relogement dans les prochains jours devrait constituer une étape décisive dans la gestion de ce dossier sensible. Il s’agit à la fois d’une réponse urgente à un risque sécuritaire identifié et d’une action structurante inscrite dans une vision à long terme de réaménagement urbain. En ciblant ces 21 immeubles classés rouges, les autorités locales marquent une nouvelle phase dans la politique de traitement du bâti menaçant ruine, avec pour objectif final la sécurisation durable du cadre de vie et l’amélioration des conditions d’habitation dans les zones les plus fragilisées de la ville.
Nassim.H

