
Partenariat algéro-russe sur les hydrocarbures : Alger et Moscou balisent la voie
La coopération s’étend au développement des chaînes de valeur, à la formation, à la recherche, et à l’innovation, avec un accent particulier sur l’efficacité énergétique et la fabrication d’équipements.
Plusieurs rencontres de haut niveau ont été organisées, ce jeudi, à Moscou, entre Mohamed Arkab, ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, et ses homologues russes, Serguei Tsivilev, ministre de l’Énergie, et Alexander Kozlov, ministre des Ressources naturelles et de l’Environnement. Ces rencontres, qui interviennent à la veille de la 13e session de la Commission intergouvernementale mixte algéro-russe, ont permis d’échanger sur les moyens de renforcer la coopération dans les domaines de l’énergie, des hydrocarbures, et des ressources minérales. La solidité des liens historiques et stratégiques entre les deux pays a été affirmée, avec une volonté commune de développer des partenariats industriels, d’accroître les investissements bilatéraux, et de favoriser le transfert de technologies et de compétences.
Sur le volet énergétique, les discussions ont porté sur la coopération dans le secteur du gaz naturel et du gaz naturel liquéfié (GNL), deux filières clés pour l’avenir énergétique mondial. La Russie, premier fournisseur mondial de gaz, a exprimé son intérêt à partager son expertise avec l’Algérie, notamment dans le cadre des efforts conjoints pour sécuriser l’approvisionnement et participer à la transition énergétique. La Russie souhaite également élargir ses investissements en Algérie, tout en soutenant l’ambition algérienne de moderniser ses infrastructures énergétiques et d’accroître la part des énergies propres dans ses projets pétroliers et gaziers.
Par ailleurs, la coopération s’étend au développement des chaînes de valeur, à la formation, à la recherche, et à l’innovation, avec un accent particulier sur l’efficacité énergétique et la fabrication d’équipements. Mohamed Arkab a présenté les avancées de l’Algérie dans la mise en œuvre de sa stratégie nationale pour le développement du secteur des hydrocarbures, notamment l’augmentation des capacités de production, la réduction des émissions de carbone, et la promotion des énergies renouvelables.
Les deux ministres ont aussi abordé les enjeux liés aux marchés mondiaux de l’énergie, en particulier le marché du gaz naturel, en évoquant la place de l’Algérie et de la Russie dans le cadre du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF). La sécurité des approvisionnements, la transition vers la neutralité carbone et le rôle des hydrocarbures dans cette transition ont été des sujets centraux lors de ces échanges.
Concernant le secteur minier, les discussions ont permis de souligner le potentiel important de l’Algérie en ressources minérales stratégiques, notamment les terres rares, les métaux indispensables pour les industries technologiques et les énergies renouvelables. Mohamed Arkab a présenté la stratégie algérienne pour valoriser ces ressources, à travers des réformes législatives, le développement des infrastructures géologiques, et la mise en place d’un environnement attractif pour les investisseurs étrangers.
Les projets structurants, tels que l’exploitation du phosphate, le fer de Gara Djebilet, ou encore le zinc et le plomb de Oued Amizour, ont été évoqués comme des leviers pour soutenir l’industrialisation nationale, réduire la dépendance aux importations, et créer des emplois. La collaboration entre entreprises algériennes et russes dans ces secteurs est encouragée, avec un accent sur le transfert de technologies, la formation, et la localisation de la production.
Le ministre russe Kozlov a exprimé l’intérêt de son pays à renforcer sa présence en Algérie, soulignant la disponibilité des entreprises russes à participer activement aux projets miniers et énergétiques. La coopération dans ces domaines représente une opportunité mutuelle, dans un contexte où les deux pays cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement, à sécuriser leurs ressources, et à participer à la construction d’un avenir énergétique durable.
Ces rencontres témoignent de la volonté commune de l’Algérie et de la Russie de renforcer leur partenariat dans des secteurs clés, en mettant en avant leur complémentarité et leur volonté de coopérer dans un contexte international en mutation. La convergence des intérêts dans l’énergie, les hydrocarbures, et les ressources minérales ouvre la voie à une collaboration stratégique durable, capable de soutenir les ambitions économiques et énergétiques de ces deux nations. La mise en œuvre concrète de ces accords et la réalisation de projets communs seront déterminantes pour consolider cette relation de partenariat gagnant-gagnant.
Nadera Belkacemi



