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La clé algérienne pour le Sahel

La clé algérienne pour le Sahel

Le Mali, pris dans une dynamique où le temps semble gagner du terrain sur la clarté stratégique, n’est pas seulement un territoire géographique mais aussi une frontière symbolique où se joue encore, la crédibilité des grandes promesses de la sécurité collective. Dans ce contexte, l’évolution récente des rapports entre Bamako et Alger apparaît comme un passage obligé pour rouvrir un corridor de dialogue qui peut, s’il est saisi avec réalisme, ralentir durablement les effervescences risquant de faire basculer le pays dans un cycle sans issue.
La réconciliation algéro-malienne, loin d’être une finalité en soi, peut devenir le socle d’un cadre multi-pays où les intérêts nationaux s’harmonisent avec les nécessités régionales.
L’objectif assumé par Alger est d’illustrer une sécurité et une prospérité plus durables en substituant la coopération à la méfiances et aux calculs de puissance. Car ce qui se négocie au-delà des termes techniques des accords, c’est la capacité des acteurs à accepter des compromis qui savent mesurer les coûts humains et les retombées économiques à moyen et long terme.
La partenariat entre Alger et Bamako porte en lui une sérieuse dynamique régionale et peut à terme donner corps à une vigilance constante de tous les acteurs régionaux face aux ingérences qui nuisent à la souveraineté réelle des États. La transparence, la responsabilisation et le respect des mécanismes internationaux restent des garde-fous indispensables. Les pays de l’Alliance des Etat du Sahel ont saisi l’importance de la souveraineté. Il s’agit d’en faire une opportunité de développement en renforçant, autant que faire se peut, la dignité nationale. L’enjeu de l’heure sera de démontrer que les intérêts du Sahel ne peuvent être défendus durablement qu’avec l’appui des populations, des partenaires régionaux et d’une architecture de sécurité partagée.
En somme, le chemin vers une sortie durable de la crise ne passe pas par des slogans ni par des coups de théâtre. Il passe par un processus patient de réconciliation, une mise en œuvre rigoureuse des engagements et une politisation des choix qui privilégie l’intérêt des populations. La clé n’est pas de dire qui a gagné ou perdu, mais d’écrire collectivement une trajectoire où souveraineté, sécurité et prospérité ne soient pas de vaines promesses.
Le temps semble désormais favorable à une relance du dialogue et à des initiatives qui, si elles sont habilement conçues et réellement exécutées, peuvent transformer l’essai en une stabilité durable pour le Mali et pour l’ensemble du Sahel. En cela, l’Algérie dispose d’une vision juste, d’une stratégie qui a fait ses preuves et d’une volonté politique tournée vers le développement de tous les pays de la région dans le strict respect de la souveraineté de chacun.
— Par Nabil.G

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