Un mois pas comme les autres
Le mois du Ramadhan nous y sommes. Ce mois sacré qui connaît un pic de consommation n’a pas son égal durant toute l’année. Il faut dire que les plats se multiplient chaque jour, et chaque moment de ftour est un moment propice pour étaler une longue suite de petits plats qui viennent garnir les tables des familles algériennes. Et cela a un prix.
Le mois est synonyme d’un excès de consommation où les budgets de la famille explosent et où, il faut bien le reconnaître, la mesure est souvent absente. Du pain à la viande tout est acheté à l’excès pendant trente jours. Malheureusement, le Ramadhan est devenu aussi le mois du gaspillage par excellence. Un état de fait que les pouvoirs publics et les associations des consommateurs tentent d’y faire face à travers des campagnes de sensibilisation. Mais il n’est pas dit que ces initiatives auront l’écho souhaité auprès de toutes les familles algériennes.
Cette fièvre dépensière redevient en ce mois précis une quasi deuxième nature où les pulsions dépensières sont difficilement incontrôlées et incontrôlables. Cet excès de consommation, le temps actuel aidant, est souvent démultiplié par la force de frappe des réseaux sociaux, qui deviennent le réceptacle de toutes sortes de réclame qui font craquer les ménagères, et les incitent à courir derrière différents produits plébiscités par des personnes devenues vedettes de ces réseaux et qui jouissent d’une notoriété devant laquelle les mères de famille ne résistent que rarement.
Cette frénésie saigne pourtant les finances des familles, mais en ce mois spécialement la tentation gourmande est difficile à combattre. C’est là un comportement sur lequel devraient se pencher les spécialistes entre sociologues et psychologues pour le disséquer d’abord, et y apporter les solutions qui s’imposent. Car nous sommes bien en face d’un phénomène social qu’il faut regarder de près.
Mais qu’à cela ne tienne, cette exagération de la consommation n’a pas découragé les pouvoirs publics qui ont mis en place tout un système pour répondre aux attentes des citoyens. Ainsi plusieurs décisions et opérations ont été mises en place pour assurer une continuité régulière dans l’approvisionnement des marchés. Il a aussi été mis en place un rigoureux système de contrôle des produits, que ce soit au niveau de la disponibilité des produits, de leur respect des exigences sanitaires ou des prix pratiqués par les marchés de gros ou de détails. C’est toute une batterie de mesures qui est ainsi mise sur pied pour que ce mois de Ramadhan se passe dans les meilleures conditions possibles.
Par Abdelmadjid Blidi