EDITO

Une histoire de bonne gouvernance

Les citoyens auront-ils raison d’appréhender le prochain mois sacré ? La question s’impose annuellement, même si pour les deux précédents Ramadhan, le marché n’a pas beaucoup oscillé. Disponibilité et prix étaient, faut-il le rappeler, au rendez-vous. L’inflation, un phénomène « normalisé » en pareilles circonstances n’aura pas été la « vedette » du mois sacré. Faut-il simplement s’en réjouir et croire à une réédition de l’«exploit » d’un Ramadhan sans « folies » spéculative ? N’importe quel citoyen répondrait par la négative. Cette période de l’année exige une vigilance accrue de tous les instants. Les prédateurs ne sont jamais loin. Ceci expliquant cela, la prise en charge dès maintenant des aspects liés au mois sacré est une initiative salutaire du gouvernement. Il faut frapper avant les spéculateurs. Cela relève de la gouvernance. Et ne dit-on pas que gouverner, c’est prévoir ? C’est pour cela qu’il est essentiel de s’assurer d’une disponibilité des viandes rouges, de la semoule, la farine, l’huile de table et autres produits à surveiller de très près.
L’enjeu essentiel consiste à préserver le pouvoir d’achat des familles les plus vulnérables tout en évitant de braquer les chaînes d’approvisionnement. Le gouvernement s’est visiblement attelé à mobiliser les autorités locales à œuvrer pour un Ramadhan sans pics inexpliqués des prix, surtout pour les produits subventionnés. Cette mission est primordiale, compte tenu des attentes des ménages algériens.
Il reste que le poids de l’organisation ne doit pas reposer sur les seules épaules des pouvoirs publics. Le rôle des acteurs privés est tout aussi important. Les distributeurs et les opérateurs de grande et moyenne distribution doivent s’engager dans une logique de stabilité des prix pendant le mois sacré, avec des rapports de transparence et une communication claire sur les promotions et les disponibilités. Les petites enseignes et les marchés locaux ne doivent pas être oubliés, puisque leur résilience dépend de leur capacité à accéder rapidement à des stocks, à bénéficier de conditions logistiques avantageuses et à offrir une alternative accessible en termes de coût.
Cela pour dire que la clé d’un mois sacré sans accroc est d’abord une affaire de solidarité,
d’esprit citoyen et d’éthique. Le mois sacré est, disons-le clairement, l’un des moments privilégiés qui appelle au sens collectif. Il faut apprendre à différer l’anticipation purement spéculative, à privilégier l’achat raisonné, et à partager l’information fiable plutôt que les rumeurs. Le message public ne doit pas être une simple injonction, mais une invitation à la responsabilité commune. Il est donc impératif d’anticiper, de vérifier, de consommer avec modération et dignité. Le Ramadhan est l’exemple même d’un alignement gouvernement-société sur une même idée, celle de prévoir ensemble pour que chacun puisse veiller sur l’autre.

Par Nabil.G

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