Marchés de proximité : une initiative à applaudir et à saluer
La direction de commerce de la wilaya a indiqué en début de semaine qu’un total de 10 marchés de proximité seront implantés à travers le territoire de la wilaya d’Oran à l’occasion du mois de Ramadhan, à raison d’un marché par daïra pour les neuf (9) circonscriptions que compte la wilaya. A Oran, le chef-lieu de la wilaya, un marché de proximité a été installé depuis le 9 février dernier et regroupe près de 150 marchands.
Selon des commentateurs, une riche gamme de produits alimentaires est proposée aux nombreux citoyens qui affluent quotidiennement vers ce point de vente pour profiter de la disponibilité, de la qualité et surtout des prix abordables de denrées alimentaires de base affichés par les exposants, fruits et légumes, viandes et poissons, et les divers épices et ingrédients.
On sait que ce dispositif dit des «marchés de proximité», mis en place chaque année durant le mois de Ramadhan , est censé permettre notamment aux producteurs et importateurs de viandes rouges et blanches d’écouler leurs produits à la source, directement aux consommateurs, évitant ainsi les longs circuits de distribution générateurs de fortes hausses des prix, souvent par les pratiques illicites de stockage et de spéculation.
Dans ce cadre, les services de la direction locale du commerce soulignent que la mise en place de ces 10 marchés de proximité à travers la wilaya d’Oran permettra durant le mois de Ramadhan de «de répondre à la demande croissante et de garantir la disponibilité de tous les produits alimentaires stratégiques à des prix référencés».
Une initiative qui est évidemment à applaudir et à saluer, même si bon nombre de commentateurs sur les réseaux sociaux estiment que cette action périodique de régulation du marché devrait être permanente, élargie, et instituée à travers chaque commune de la wilaya.
En particulier à Oran, la capitale de l’Ouest du pays qui connaît le plus de désagréments et de dérèglements en matière de commerce de produits alimentaires. On sait que depuis la délocalisation vers la commune d’El Kerma du grand marché de gros des fruits et légumes de Choupot, les détaillants installés dans ce qui reste de marchés couverts et les innombrables marchands ambulants ont été contraints «d’adapter» leur prix et leur «stratégie» de vente à une nouvelle situation du marché marquée par la concurrence acharnée, les pratiques déloyales d’occupation sans frais de l’espace public, les tricheries, ainsi que les multiples dysfonctionnements liés à la gestion des marchés couverts de proximité gérés par la commune et le plus souvent désertés par les marchands.
Certains critiques abusivement cette démarche en raison, disent-ils, de son « impact insignifiant» sur la régulation et le contrôle des prix des produits de grande consommation. Mais l’opération «marchés de proximité» organisée par les pouvoirs publics durant le mois de Ramadhan a le mérite d’atténuer quelque peu les tensions en matière de disponibilité et de prix affichés, dans la mesure où elle offre une alternative aux consommateurs à revenu modeste.
Il est vrai que dans les grandes agglomérations où tous les citoyens ne peuvent se rendre au marché de proximité installé pour le Ramadhan, les prix de certains produits tels que les fruits, les épices et la viande connaissent en ce début de ramadhan certaines envolées.
Mais il faut bien admettre aussi que le rapprochement direct des producteurs aux consommateurs à travers ces marchés de proximité reste une première étape utile aux politiques publiques d’aide et de protection du pouvoir d’achat des plus démunis…
Par S.Benali