Des «solariums publicitaires» gratuits pour la prochaine saison estivale ?
Lors d’une rencontre organisée au siège de la wilaya avec un groupe d’industriels et opérateurs économiques locaux, une proposition de mise à la disposition des estivants, gratuitement et sur l’ensemble des plages de la wilaya, du mobilier de plage, tables, chaises et parasols, a été avancée. Bon nombre de commentateurs sur les réseaux sociaux ont été à la fois surpris et ravis par cette annonce, reprise par des journaux de la presse locale.
Mais beaucoup ont également pointé du doigt le caractère jugé «irréaliste» d’une telle initiative qui, selon eux, ne pourrait être concrétisée sur un terrain de gestion local encore marqué par diverses contraintes et dysfonctionnements. Notamment en matière d’organisation et de gestion d’opérations de sponsoring publicitaire devant être cernées par les clauses d’un cahier de charge bien définies entre la commune et l’opérateur économique candidat à ce partenariat. On sait que l’installation d’un simple mobilier publicitaire, tables, chaises et armoire frigorifique portant la marque d’un grand producteur ou distributeur de produits, notamment les boissons et le café, relève d’un contrat strict et précis entre l’opérateur et le gérant de l’établissement concerné.
Une pratique publicitaire courante pouvant profiter à la fois au gérant de l’établissement en quête d’un nouveau mobilier moderne, et à l’opérateur concerné qui renforce son image et sa présence visuelle sur l’espace urbain ciblé. Mais s’agissant d’un espace public sur un site du littoral, ou d’une plage ouverte gratuitement à la baignade, il semble plutôt difficile d’appliquer les mêmes règles de droit commercial sur des zones protégées et dont l’accès est garanti par la loi. Affirmer que des chaises, des tables et des parasols seront mis gratuitement à la disposition des estivants serait il est vrai une initiative inédite pour la prochaine saison estivale 2026.
Une mesure, affirment les plus optimistes, qui peut contribuer à consolider le principe de la gratuité de l’accès des citoyens aux plages. Un principe bien souvent remis en cause ici et là par diverses pratiques d’occupation illicite de parcelles de plages par les solariums sauvages. En quoi l’appel à des opérateurs privés pour un «sponsoring» permettant d’installer des solariums gratuits pour tous, peut consolider et garantir le principe du libre accès gratuit aux plages ? On sait que l’accès à certains sites côtiers «contrôlés» par de grands établissements et complexes hôteliers, reste conditionné par le paiement d’une taxe d’entrée motivée il est vrai par la disponibilité d’un mobilier de plage. La liberté d’accès et de circulation, toujours légitimement revendiquée, risque cependant de freiner les motivations et les envies des opérateurs économiques qui voudraient bien s’engager à fournir gratuitement des équipements de plage portant leurs marques commerciales, en contrepartie d’une belle visibilité durant la période estivale sur les espaces municipaux concernés.
Des mauvaises langues locales se sont également demandé qui, parmi les très nombreux estivants, aura la chance ou le privilège de profiter de ces solariums publicitaires gratuits? Qui sera chargé de leur rangement, de leur nettoyage, de leur gardiennage, en un mot de leur exploitation ?
Par S.Benali