
Pêche : un fonds national en préparation pour indemniser les marins en période d’arrêt d’activité
La direction générale de la pêche et de l’aquaculture, relevant du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, a inscrit dans son plan d’action 2026 la création d’un fonds national destiné à indemniser les marins pêcheurs durant les périodes d’interruption d’activité.
Cette mesure concernera principalement les arrêts imposés par les perturbations météorologiques ainsi que les périodes de repos biologique instaurées chaque année pour préserver les ressources halieutiques. Selon le directeur général du secteur, Miloud Triaa, cette initiative répond à une préoccupation majeure des professionnels de la pêche. En effet, lors des intempéries ou durant les périodes de repos biologique, de nombreux marins se retrouvent contraints de suspendre leur activité, sans disposer d’aucune source de revenu. La création de ce fonds vise ainsi à garantir un minimum de ressources financières durant ces phases d’inactivité, contribuant à assurer une meilleure stabilité sociale au sein de la profession.
Les services du ministère travaillent actuellement, en coordination avec les parties concernées, à la mise en place du cadre juridique et réglementaire encadrant ce futur mécanisme. L’objectif est de définir un dispositif clair, transparent et durable, capable de répondre aux besoins des pêcheurs tout en préservant l’équilibre financier du secteur.
Concernant le financement, plusieurs pistes sont à l’étude. Le fonds pourrait être alimenté par des contributions des pêcheurs durant les périodes de forte abondance de la ressource halieutique, par une participation de l’État, ainsi que par d’autres mécanismes complémentaires en cours d’examen, notamment certaines taxes à l’importation sur des produits spécifiques. Cette approche diversifiée vise à assurer la viabilité du dispositif à long terme.
Le responsable a également rappelé que des systèmes similaires existent dans plusieurs pays, permettant de concilier protection sociale des marins et gestion durable des ressources marines. Dans ce cadre, il a salué le rôle de la Chambre nationale de la pêche et de l’aquaculture, qui, en coordination avec les chambres locales, œuvre à relayer les préoccupations des professionnels à travers les différentes wilayas du pays.
À travers cette mesure structurante, les pouvoirs publics ambitionnent de renforcer la résilience du secteur halieutique, d’améliorer les conditions sociales des marins pêcheurs et de soutenir un domaine stratégique pour l’économie nationale et la sécurité alimentaire.
Noreddine Oumessaoud



