Région

Sidi Bel-Abbes célèbre le plat traditionnel le Roguag la nuit du 27e jour de Ramadhan

A l’approche de la nuit du vingt-septième jour du mois sacré de Ramadhan, les tables des familles de la ville de Sidi Bel-Abbes se parent des couleurs et des saveurs du plat traditionnel de Roguag, considéré comme une composante essentielle du patrimoine culinaire local et symbole des liens familiaux profonds qui se manifestent lors de cette veillée religieuse.

Le Roguag est un plat ancien dans l’Ouest de l’Algérie, préparé à partir de feuilles de pâte très fines faites à la main, cuites sur un «tajine», puis arrosées d’un bouillon riche en viande et légumes de saison, notamment le poulet, les carottes, les pommes de terre, les navets et les pois chiches, entre autres, avec un mélange d’épices locales qui lui confère sa saveur unique et distinctive. Depuis les premières heures de la matinée, les maisons connaissent une grande activité, les femmes au foyer s’affairant à pétrir la pâte et à découper les feuilles très fines, puis à cuire le bouillon avec soin afin d’assurer la parfaite harmonie des saveurs, en préparation pour le repas de rupture du jeûne. A cet égard, Mme Fatma, femme au foyer, a indiqué que la préparation du Roguag, la nuit du vingt-septième jour, est une tradition «transmise par nos mères et grand-mères et cette nuit ne peut passer sans que les membres de la famille se réunissent autour de ce plat qui porte le parfum du patrimoine et rassemble la famille».
De son côté, Mme Khadija a estimé que le Roguag n’est pas seulement un plat traditionnel, mais une véritable occasion familiale où «nous nous réunissons après l’Iftar et la prière de Tarawih, dans une atmosphère de chaleur et de convivialité, où chacun ressent le sentiment d’appartenance et de lien familial». Pour sa part, le spécialiste du patrimoine populaire, Tizi Miloud, a souligné que la continuité de la préparation de ce plat traditionnel lors des occasions religieuses reflète l’attachement de la société algérienne à ses coutumes et traditions et met en lumière le rôle culturel de la cuisine locale comme partie intégrante de l’identité nationale.
Il a également précisé que le Roguag à Sidi Bel-Abbes est, aujourd’hui, un pont entre les générations, assurant le transfert des savoir-faire culinaires traditionnels des grands-mères aux petits-enfants. Le Roguag reste ainsi bien plus qu’un simple plat, il constitue un témoignage vivant de la richesse du patrimoine culinaire algérien et de la capacité des familles à préserver leurs habitudes et traditions, incarnant l’esprit du Ramadhan à Sidi Bel-Abbes tel qu’il est observé par les habitants, depuis des générations, tout en conservant son caractère social et culturel distinctif.

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page