La ligne d’arrivée est encore loin
La campagne électorale pour les législatives du 2 juillet prochain entre dans son cinquième jour. Ce serait aller trop vite en besogne que de dire que cette campagne soulève l’enthousiasme de la population. Il faut bien reconnaître qu’elle reste encore timide et loin de capter, du moins pour le moment, tous les intérêts.
Le sujet national phare du moment, ou plus précisément de la semaine qui vient de s’écouler, reste bien le bac dont les épreuves se sont terminées jeudi passé. Ce sésame vers l’université a concerné des centaines de milliers de familles algériennes qui ont suivi ,au jour le jour, les performances de leurs enfants qui, non seulement passaient une épreuve scolaire, mais étaient à la porte de leur vie d’adultes et s’apprêtaient, en quelque sorte, à sortir de leur adolescence.
Mais cette prochaine semaine qui s’annonce sera pour les partis et candidats à la députation la balance et premier révélateur pour sortir, ou non, en tête dans ce virage qui amorce la dernière ligne droite de la dernière semaine de la campagne électorale. Pour cela, les meetings, les activités de proximité et les déplacements s’enchaînent. L’autre point relevé à ce jour, c’est l’implication directe des chefs de partis qui vont à la rencontre des électeurs.
Il reste que pour tout ce beau monde, il faut maintenant ratisser le plus large possible. Il ne s’agit pas de se contenter de rencontres avec les militants et les sympathisants, mais de toucher toutes les composantes de la société algérienne. Les jeunes, la classe ouvrière, les paysans, les femmes et d’autres catégories encore, doivent savoir ce que leur proposent les uns et les autres. C’est cette majorité silencieuse, comme on la qualifie, qui fera la différence le jour du scrutin.
Il faut dire que rien n’est acquis pour aucune formation politique, car nous sommes cette fois, devant l’une des joutes électorales, les plus ouvertes de l’histoire de l’Algérie indépendante. Une joute où plusieurs critères ont été mis en place pour ne laisser aucun espace aux anciennes malheureuses pratiques, entre utilisation de l’argent sale ou les coups de pouce pour tel ou tel parti.
Par ailleurs, dans cette campagne, il ne s’agit pas pour les candidats d’aller dérouler leurs programmes et leurs visions, mais il s’agit aussi, et peut-être surtout, d’écouter les doléances des Algériens. Des doléances qui peuvent parfois se ressembler, mais qui sont aussi différentes selon la région visitée dans le plus grand pays africain.
La ligne d’arrivée est encore loin, et les candidats doivent mettre plus de cœur à l’ouvrage. Le résultat final en dépendra grandement.
Par Abdelmadjid Blidi