A la une

Intégration de l’économie algérienne : les IDE productifs et les chaînes de valeur au cœur d’un tournant stratégique

Dans un contexte international marqué par de profondes recompositions géoéconomiques, des tensions persistantes sur les chaînes d’approvisionnement et une tendance croissante à la relocalisation industrielle, l’intégration de l’économie algérienne à l’économie mondiale s’impose désormais comme un impératif stratégique.

Selon le consultant international Abderrehmane Hadef, spécialiste en développement économique, les investissements directs étrangers (IDE) productifs apparaissent dans cette dynamique comme un levier essentiel pour accélérer la transformation économique du pays. Pour l’expert, l’intégration à l’économie mondiale ne se limite plus à l’ouverture commerciale. Elle implique une participation active aux flux globaux de production, d’innovation, de capitaux et de technologies, les économies les plus performantes étant désormais celles qui parviennent à se positionner sur des segments à forte valeur ajoutée. M. Hadef souligne que, pour l’Algérie, cela signifie dépasser le rôle traditionnel d’exportateur de matières premières, développer une base industrielle compétitive et renforcer ses capacités technologiques et humaines. L’objectif est clair, selon lui : opérer une transition vers une économie de transformation, intégrée aux dynamiques internationales.
Le consultant international précise que tous les investissements étrangers ne produisent pas les mêmes effets. Les IDE dits « productifs » jouent un rôle structurant en contribuant directement à la création de capacités industrielles locales, à la génération d’emplois qualifiés et au transfert de technologies.
Ces investissements, explique-t-il, permettent notamment de structurer des écosystèmes industriels autour de grandes entreprises internationales, favorisant ainsi l’émergence de clusters. Ils facilitent également l’accès aux marchés internationaux via l’intégration dans des réseaux de production mondiaux et imposent des standards élevés en matière de qualité, de gestion et de production. En ce sens, M. Hadef estime que les IDE productifs constituent un vecteur d’alignement de l’économie nationale sur les normes internationales.
Les chaînes de valeur mondiales redéfinissent aujourd’hui l’organisation de la production à l’échelle planétaire, avec une fragmentation des processus entre plusieurs pays. Dans ce contexte, l’Algérie dispose d’atouts significatifs. Selon Abderrehmane Hadef, la proximité géographique avec l’Europe, la disponibilité de ressources énergétiques compétitives, l’importance du marché intérieur et le potentiel dans les énergies renouvelables et l’hydrogène vert offrent des perspectives réelles d’intégration. Plusieurs secteurs présentent un fort potentiel, cite-t-il, notamment les industries manufacturières (automobile et électrique), l’agro-industrie, l’industrie pharmaceutique, les technologies numériques ainsi que les énergies renouvelables. Par ailleurs , l’expert met en garde : l’attractivité des investissements étrangers ne repose pas uniquement sur les incitations fiscales. Elle dépend d’un environnement global cohérent et compétitif. Parmi les facteurs clés, le consultant international pointe la stabilité réglementaire, la disponibilité du foncier économique, le développement d’infrastructures logistiques performantes, la qualité du capital humain et l’efficacité de la gouvernance administrative. Pour lui, la mise en œuvre effective des réformes, notamment en matière de simplification des procédures et d’accompagnement des investisseurs, reste déterminante pour renforcer la crédibilité du pays.

Vers une stratégie ciblée et proactive

Attirer des IDE ne suffit pas. Encore faut-il les orienter vers des objectifs stratégiques précis. Selon l’expert, cela passe par l’identification de chaînes de valeur prioritaires, le ciblage d’investisseurs structurants, le développement de partenariats public-privé et l’intégration des PME locales dans ces dynamiques. L’enjeu, résume-t-il, est de passer d’une approche opportuniste à une véritable politique industrielle, structurée et proactive. Au final, pour Abderrehmane Hadef, l’intégration de l’économie algérienne à l’économie mondiale constitue un levier majeur pour réussir sa transformation. Les IDE productifs peuvent jouer un rôle décisif dans la diversification économique, l’amélioration de la compétitivité et l’insertion dans les chaînes de valeur globales. Mais cette intégration ne saurait être subie, prévient le consultant. Elle doit être pensée, organisée et pilotée à travers une vision claire et une mobilisation coordonnée des acteurs publics et privés.
L’ambition pour l’Algérie est désormais, conclut M. Hadef, de dépasser le simple statut de destination d’investissements pour devenir un acteur incontournable des nouvelles chaînes de valeur régionales et internationales.

Noreddine Oumessaoud

 

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page