Une « excursion » qui vire au fiasco
Au 79e jour du conflit au Moyen-Orient, la coalition américano-sioniste n’a pas réussi à faire basculer la guerre en sa faveur. Les Iraniens font plus que riposter et arrivent même à imposer leur logique sur certains points. Il ne s’agit pas là de faire croire que l’Iran a la même puissance de feu que les Américains. La comparaison est erronée et osée. L’Amérique est sans conteste la première puissance militaire au monde, et cela personne ne peut le remettre en cause. Mais sur le terrain des opérations, cette suprématie n’est pas si évidente que cela. L’Iran n’a pas mis genou à terre, et continue de faire face à deux grande puissance militaires, la première américaines est mondiale, et la seconde israélienne est régionale.
Il semble que dans cette guerre, les Américains ont surtout failli stratégiquement. Trump qui a cru au scenario de son mauvais génie, le criminel Netanyahou, qui lui a fait vendre l’idée que dès le premier jour et en frappant les hauts dirigeants iraniens, la guerre sera pratiquement pliée, découvre à ses dépends, que malgré la réussite de cette première opération, rien ne va comme prévu. L’Amérique est en train de s’enliser dans le marécage iranien, et Trump ne réussit toujours pas à trouver une porte de sortie pour mettre fin à cette guerre en donnant l’impression de l’avoir gagnée.
Sur les dossiers essentiels que sont le nucléaire, les missiles balistiques, et aujourd’hui le contrôle du détroit d’Ormuz, rien n’a été atteint. Et c’est clairement Téhéran qui mène aujourd’hui la danse, et ne cède rien sur aucun sujet. Même la dernière opération nommée pompeusement par Donald Trump « freedom project », consistant à faire passer les navires coincés dans le détroit par la force et l’accompagnement des bateaux de guerre américains, a été un fiasco total.
Pire encore, les Iraniens ont réussi dans certaines opérations militaires à signer de vraies victoires en s’attaquant à des systèmes de surveillance, en détruisant des avions de guerre américains (F35 américain, un avion de type AWACS et des avions ravitailleurs). L’Iran a aussi réussi à améliorer ses réserves de guerre et à améliorer les performances de ses drones et missiles stratégiques.
ET Trump qui multiplie les sorties médiatiques et les déclarations, n’arrive pas à masquer ses difficultés sur le terrain. « L’excursion », comme il l’avait qualifié cette guerre, tourne clairement au cauchemar. Et cette guerre qu’il voulait rapide et victorieuse est bien loin d’être cette balade de santé dont il s’est vanté au début.
Par Abdelmadjid Blidi