De nouveaux autobus pour assurer le changement et la modernisation de tout un système
L’Entreprise publique de transport urbain de la wilaya d’Oran (ETO) a reçu en début de semaine un quatrième quota de 50 nouveaux bus, portant ainsi le total de sa flotte à 200 autobus flambant neuf. Cette opération s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du programme de rénovation et de modernisation du parc national de transport de passagers.
Ce dernier quota est composé de 20 bus d’une capacité de 100 places, 20 bus de 35 places.et autres 10 bus de type « Mercedes» d’une capacité de 23 places. Ce qui contribuera donc au renforcement des capacités de transport de l’entreprise, à la modernisation de son parc et à un élargissement des différentes lignes urbaines et suburbaines assurant la mobilité à travers le territoire local, tout en améliorant les conditions de confort et de sécurité des citoyens usagers.
Ces bus entreront en service sur l’ensemble des lignes de transport urbain et suburbain de la wilaya d’Oran, ce qui permettra sans doute d’améliorer le taux de couverture en moyens de transport et de corriger les déséquilibres constatés sur certaines zones à forte densité de population, notamment au niveau des grands pôles urbains, tels que que Oued Tlelat, le pôle «Ahmed-Zabana» à Misserghine ou encore celui de Belgaid à l’est de la ville.
À première vue, le signal est fort : L’État investit, la flotte se modernise, la ville respire. Mais derrière chaque bus flambant neuf, des questions persistent, presque obstinées, reprises par bon nombre d’Oranais sur les réseaux sociaux : Est-ce seulement le matériel qui faisait défaut ?»… «Combien de temps ces bus modernes vont résister au temps et au manque d’entretien?» «A-t-on assuré une stratégie moderne et efficace de maintenance?».
Et souvent, le souvenir encombrant de la vieille défunte RMTUO revient dans les discussions. Il suffit de convoquer la mémoire pour que l’optimisme fasse un pas de recul. La Régie municipale de transport urbain d’Oran, la défunte RMTUO, fut elle aussi, en son temps, une grande promesse.
Une entreprise structurée dotée de moyens. Et pourtant, elle a lentement dérivé vers ce qui ressemble aujourd’hui à un échec collectif. Dépôts saturés de carcasses, bus cannibalisés pour maintenir d’autres en circulation, ateliers transformés en espaces de survie technique plutôt qu’en centres de maintenance. La RMTUO n’est pas morte d’un manque de bus. Elle est morte d’un manque de vision, de gestion rigoureuse, de continuité dans la décision. Elle a laissé derrière elle une image tenace : celle d’un cimetière mécanique, où chaque véhicule désossé racontait non pas une panne mais un abandon.
Aujourd’hui cette page du laxisme et de la médiocrité a été tournée et l’ETO semble vouloir écrire une autre histoire. Mais peut-on vraiment changer de trajectoire et de destin en changeant seulement les véhicules ? Un bus neuf ne peut garantir ni la pérennité de l’hygiène et de la propreté, ni le respect des usagers, ni ponctualité, ni fréquence, ni couverture territoriale cohérente…
Un bus neuf ne peut résoudre à lui seul, les équations fondamentales liées à l’organisation des lignes, la régulation des flux, la formation des conducteurs et receveurs, la maintenance préventive, la gestion financière, et la gouvernance. Et sans cela, le risque est connu, presque mécanique: Le nouveau finit toujours par devenir ancien, imposant d’autres défis, d’autres exigences…
Par S.Benali