EDITO

Démocratie : le facteur déclenchant

L’occident a fait le choix de régler sa machine de la décision politique sur un moteur qu’il pense infaillible, celui du suffrage universel. Dans toute la sphère géopolitique dite démocratique qui se vante d’avoir remporté la Seconde guerre mondiale, les crises se gèrent par la voie des élections. Ces dernières départagent les belligérants entre deux visions de règlement de ladite crise. Mais ne nous méprenons pas sur le concept de « gestion démocratique» qu’exhibe l’occident comme l’outil-miracle. Dans ce mot-là, il y a bien entendu, une forte dose d’anesthésie. C’est ce qui se passe épisodiquement dans tous ces pays lorsqu’ils sont en butte à d’immenses difficultés économiques. Les décideurs créent une situation qui relève justement de cette logique d’endormissement de la société par une impression de participation à la décision. C’est cela la parade « démocratique » aux gaffes que commettent les gouvernements et que doivent supporter les peuples.
Dans régimes dits démocratiquement amoindri, les crises dans la rue, se règlent par le biais de coup d’Etat pour certains. On ne reconnaît pas la valeur anesthésiante de la «pratique démocratique». Dans ces pays, que les occidentaux aiment à qualifier d’immatures, lorsque la crise économique frappe, le changement de gouvernement et de majorité au pouvoir, n’agissent pas forcément sur le morale des citoyens. Ces derniers ne croient qu’à la force de la rue, pour résoudre la question de la frustration politique. Pour une société qui ne voit pas d’accès à la décision, la gestion des crises passe par la confrontation au pouvoir. Les peuples veulent dire leurs mots quoi qu’il leur en coûte. Pourtant, les plus sensés savent que ce genre de comportements aggrave les crises au lieu de les solutionner. La différence entre les deux types de régimes est que les premiers savent endormir leurs peuples et manipuler ceux des seconds. Car, disons-le clairement, les démocraties occidentales ne sont jamais innocentes des problèmes que vivent les «régimes immatures».
Chez-nous en Algérie, le processus électoral engagé ces dernières semaines n’est pas destiné à la gestion d’une crise, mais pour consacrer l’ancrage démocratique de la pratique politique, avec l’espoir de voir un jour les suffrages universels servir de mode de gestion des crises économiques, sans anesthésiant. La spécificité algérienne dans ce monde en ébullition tient dans sa position à mi-chemin entre une Afrique subsaharienne en prise avec ses faiblesses politiques structurelles et un occident devenu maître dans l’usage de l’anesthésie collective. Les premiers comme les seconds manipulent d’une manière ou d’une autre, ce qui leur servent de société civile. Éviter ces deux modèles, c’est que cherche l’Algérien moyen. Les prochaines législatives peuvent être un facteur déclenchant.

Par Nabil.G

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