
Réunion du Comité monétaire et financier international : l’Algérie se distingue
Les politiques budgétaires doivent «viser à renforcer les politiques monétaires, tout en continuant de protéger les ménages vulnérables, en particulier à mesure que la hausse des prix alimentaires accroît les risques d’insécurité alimentaire et de pauvreté», a souligné le gouverneur de la BA.
Le gouverneur de la Banque d’Algérie (BA), Mohamed Lamine Lebbou, a souligné à Washington, lors de la 53e réunion du Comité monétaire et financier international, l’importance pour les politiques financières de renforcer les cadres réglementaires et prudentiels. Il a insisté sur la nécessité de suivre de près les risques émergents tout en œuvrant à la stabilité des prix, relevant qu’« une gouvernance internationale solide demeure essentielle au bon fonctionnement de l’économie mondiale. Des cadres multilatéraux efficaces peuvent contribuer à réduire la fréquence et la gravité des chocs en facilitant des ajustements de politiques coordonnés et ordonnés ».
Dans une déclaration prononcée au nom de l’Algérie, du Ghana, de la République islamique d’Iran, de la Libye, du Maroc, du Pakistan et de la Tunisie, M. Lebbou a indiqué lors de cette rencontre (16-17 avril) que « une gouvernance internationale solide demeure essentielle au bon fonctionnement de l’économie mondiale. Des cadres multilatéraux efficaces peuvent contribuer à réduire la fréquence et la gravité des chocs en facilitant des ajustements de politiques coordonnés et ordonnés ».
Il a précisé que, dans le contexte d’incertitude qui caractérise l’économie mondiale suite à la situation au Moyen-Orient, « la politique monétaire doit demeurer résolument axée sur la stabilité des prix. Un renforcement de la flexibilité du taux de change peut aider les économies à absorber les chocs, en particulier dans les pays importateurs de produits alimentaires et d’énergie confrontés à des pressions sur la balance des paiements ».
Quant aux politiques budgétaires, il a souligné qu’elles doivent « viser à renforcer les politiques monétaires, tout en continuant de protéger les ménages vulnérables, en particulier à mesure que la hausse des prix alimentaires accroît les risques d’insécurité alimentaire et de pauvreté. Dans le même temps, les mesures doivent s’inscrire fermement dans des cadres budgétaires crédibles à moyen terme et faire l’objet d’une communication claire afin de préserver la crédibilité de l’action publique. Lorsque des recettes additionnelles existent, elles devraient être utilisées pour reconstituer des marges de manœuvre budgétaires ».
Concernant les politiques financières, M. Lebbou a affirmé qu’elles doivent « viser à renforcer les cadres réglementaires et prudentiels, ainsi qu’à suivre de près les risques émergents, en particulier ceux liés à la numérisation financière, y compris les crypto-actifs, ainsi qu’aux institutions financières non bancaires, qui doivent être pleinement compris et efficacement atténués ».
En évoquant les répercussions de la situation au Moyen-Orient, il a noté que « les résultats de croissance devraient demeurer très contrastés selon les pays, reflétant des différences dans l’importance relative des canaux de transmission et dans les caractéristiques structurelles sous-jacentes. Cette divergence est susceptible de s’accentuer dans les économies présentant des vulnérabilités budgétaires et extérieures préexistantes ». Il a ajouté que « les perspectives de croissance mondiale demeurent extrêmement incertaines, en raison de cette escalade », affirmant que « les retombées comprennent notamment les chaînes d’approvisionnement mondiales et les marchés financiers, en plus des marchés traditionnels de l’énergie, et que la croissance mondiale devrait s’affaiblir davantage, tandis que les pressions inflationnistes se renforcent ».
Soulignant le rôle de l’Algérie pour « contribuer activement au soutien du marché de l’énergie et accroître ses exportations de gaz naturel vers l’Union européenne », le gouverneur a relevé que « certaines économies ont subi de lourds dommages, en particulier aux infrastructures énergétiques, ces pertes l’emportant de loin sur les éventuels gains liés à la hausse des prix de l’énergie, en particulier compte tenu des effets des sanctions qui restreignent l’accès au commerce international et aux marchés financiers ».
Le gouverneur de la Banque d’Algérie a également exprimé l’appui du groupe « aux Principes directeurs de Diriyah sur la réforme des quotes-parts et de la gouvernance », soulignant « la nécessité de poursuivre les progrès dans le programme de réforme de la gouvernance du Fonds », et appelant « les membres qui ne l’ont pas encore fait à achever sans plus tarder leurs procédures nationales d’approbation du consentement à l’augmentation des quotes-parts au titre de la Seizième Révision générale des quotes-parts (RGQ), en insistant sur l’importance de faire progresser les discussions dans le cadre de la Dix-septième RGQ ».
Anissa Mesdouf



