
Déployant son savoir-faire dans le continent — L’Algérie : un phare africain
Par ses projets et son cadre de coopération, notre pays s’impose comme un partenaire clé pour accompagner l’émergence de corridors énergétiques et numériques, la connectivité routière et ferroviaire, et l’électrification durable en Afrique. Une étape cruciale dans la marche du continent vers son développement.
L’Algérie est, aujourd’hui, au cœur d’un récit d’actions et d’outils destinés à accélérer l’intégration et le développement infrastructurel en Afrique. À travers des projets phares et une enveloppe de coopération ambitieuse, elle met en lumière une vision concrète de l’urbanisation, de la mobilité et de l’électrification du Continent.
L’un des axes majeurs est le gazoduc transsaharien, projet emblématique qui symbolise une connexion énergétique durable entre le Maghreb, l’Afrique de l’Ouest et l’Europe, favorisant ainsi une posture africaine stratégique avec l’Europe. Pour l’Afrique, cette réalisation représentera bien plus qu’un conduit de gaz. Elle est appréciée, à juste titre, comme une colonne vertébrale de régions jusqu’ici enclavées et ouvrant la voie à des chaînes de valeur industrielles liées à l’énergie.
Autre grand vecteur de rapprochement régional, la route de l’Unité africaine se dessine comme une artère cruciale de coopération et d’intégration. Elle vise à fluidifier les échanges commerciaux et humains, à diminuer les coûts de transport et à favoriser des synergies entre États-Cœurs et zones frontalières. Sur le devant de la connectivité numérique, la dorsal africaine de fibre optique est conçue pour tisser un réseau haut débit couvrant les pays où les besoins en connectivité et en services numériques explosent. L’objectif est de permettre à des régions rurales et urbaines d’accéder à l’Internet rapide et fiable, de soutenir l’éducation à distance et d’attirer les investissements numériques. L’apport algérien repose sur des méthodes éprouvées, des technologies adaptées et une approche de coût maîtrisé qui peut accélérer l’industrialisation locale autour des infrastructures de télécommunications.
La route Tindouf – Zouiret, en Mauritanie, illustre, quant à elle, une articulation concrète entre des territoires sahariens et des zones côtières, avec des retombées directes sur le commerce, l’élimination des goulets d’étranglement logistiques et l’amélioration de la mobilité des populations.
Côté production d’énergie, les réalisations de centrales électriques dans de nombreuses régions africaines témoignent d’un savoir-faire algérien capable de s’adapter à des contextes variés. Cette expertise, consolidée par des années d’expérience dans des environnements complexes, permet d’apporter des solutions robustes et économiques, compatibles avec les besoins de développement durable et d’autonomie énergétique des pays partenaires. Dans le cadre de la coopération sud-sud, l’Agence algérienne de coopération internationale (AACI) a été dotée d’une enveloppe d’un milliard de dollars destinée à lancer des projets de développement dans les régions enclavées du Continent. Cette ligne de financement, destinée à accélérer l’accès aux services essentiels (énergie, eau, logement, routes, santé et éducation), est un levier pour que les zones marginalisées deviennent des pôles de croissance.
L’Algérie met en avant un savoir-faire d’assez fraîche date, mais qui s’inscrit déjà comme un véritable atout continental. Des entreprises algériennes, présentes sur les chantiers africains depuis le début des années 2000, ont développé une compétence éprouvée en travaux publics, en génie civil et en ingénierie des réseaux. Les grandes rencontres interafricaines, à l’image de l’IATF (African Transport and Infrastructure Forum) auront été pour l’Algérie, l’occasion d’évoquer les partenariats, de signer des mémorandums et de transformer des accords en réalisations concrètes. L’expertise algérienne dans la construction de routes, de barrages et de lignes ferroviaires, rappelle que le Continent dispose désormais d’un savoir-faire d’origine africaine mais de portée internationale, capable de répondre à des défis d’envergure.
L’Affirmation d’une puissance économique au nord du continent permet à l’Afrique, qui a longtemps manqué d’outils pour réaliser de grandes infrastructures, de bénéficier aujourd’hui d’un savoir-faire prêt à être déployé avec des coûts compétitifs, des transferts de compétences et une approche orientée vers l’intégration régionale. L’Algérie, par ses projets et son cadre de coopération, s’impose comme un partenaire clé pour accompagner l’émergence de corridors énergétiques et numériques, la connectivité routière et ferroviaire, et l’électrification durable qui permettront au Continent de franchir une étape cruciale dans sa marche vers le développement.
Anissa Mesdouf



